L'allergie alimentaire chez le chat est l'une des affections dermatologiques et digestives les plus fréquemment sous-diagnostiquées en médecine félino-vétérinaire. Elle se cache derrière des tableaux cliniques variés — prurit intense autour du cou et de la tête, vomissements chroniques, diarrhée persistante, otites récidivantes — que les propriétaires attribuent souvent à tort à des parasites, au stress, ou à "la façon dont le chat est fait".

La réalité est plus précise : certaines races sont génétiquement prédisposées à développer des hypersensibilités alimentaires. Certains allergènes — le bœuf, les produits laitiers, le poulet, le thon — sont responsables de la grande majorité des réactions. Et il existe un protocole diagnostique validé, le régime d'éviction alimentaire, qui permet de confirmer ou d'exclure une allergie alimentaire avec une fiabilité réelle — à condition de le conduire rigoureusement, en tenant compte des particularités félines que sont la néophobie alimentaire et les besoins spécifiques du carnivore strict.

Dans cet article, j'explique quelles races sont les plus exposées, comment identifier les signes évocateurs d'une allergie alimentaire chez le chat, et comment conduire un régime d'éviction adapté aux contraintes spécifiques de l'espèce féline.

Allergie alimentaire chez le chat : rappel des mécanismes

L'allergie alimentaire féline est une réaction d'hypersensibilité immunitaire de type I et IV dirigée contre une ou plusieurs protéines alimentaires spécifiques. Contrairement à l'intolérance alimentaire — réaction non immunologique, souvent dose-dépendante — l'allergie alimentaire vraie implique le système immunitaire : à chaque exposition à la protéine allergène, celui-ci déclenche une réponse inflammatoire disproportionnée qui produit les symptômes cliniques.

Trois particularités biologiques du chat déterminent sa susceptibilité spécifique aux allergies alimentaires et compliquent leur prise en charge.

Le chat est un carnivore strict dont le métabolisme protéique est structurellement différent de celui du chien ou de l'homme : il ne peut pas réguler à la baisse ses enzymes de dégradation des protéines en situation de carence, ce qui signifie qu'il a besoin d'un apport protéique élevé et constant. Cette dépendance aux protéines animales l'expose à des contacts immunologiques répétés et prolongés avec les protéines de ses aliments habituels — un facteur de sensibilisation progressif bien documenté.

Le chat présente une néophobie alimentaire — une résistance instinctive aux nouveaux aliments, probablement héritée d'une adaptation évolutive à éviter les aliments potentiellement toxiques dans la nature. Cette caractéristique est le principal obstacle pratique au régime d'éviction alimentaire chez l'espèce féline : un chat peut catégoriquement refuser un nouvel aliment pendant plusieurs jours, même en situation de faim, ce qui expose à un risque de lipidose hépatique (accumulation de graisses dans le foie lors d'un jeûne prolongé chez le chat).

Enfin, l'allergie alimentaire et l'atopie environnementale coexistent fréquemment chez le même chat — les deux conditions se potentialisent mutuellement et compliquent l'interprétation des résultats du régime d'éviction.

Les allergènes félins les plus fréquents

Les études épidémiologiques disponibles sur l'allergie alimentaire féline convergent vers un profil d'allergènes relativement cohérent, dominé par les protéines animales les plus utilisées dans les formulations industrielles — ce qui n'est pas une coïncidence : la sensibilisation allergique résulte d'une exposition répétée et prolongée.

Allergène Fréquence estimée Remarque clinique
Bœuf ~ 36 % Premier allergène félin — présent dans la majorité des aliments industriels
Produits laitiers ~ 20 % Souvent associés à une intolérance au lactose concomitante
Poulet ~ 18 % Deuxième protéine animale la plus utilisée dans le petfood
Poisson (thon, saumon, maquereau) ~ 14 % Fréquence sous-estimée car "naturel pour le chat" — idée reçue
Agneau ~ 6 % Fausse "novel protein" — désormais présent dans de nombreuses gammes
Blé / gluten ~ 5 % Moins fréquent que chez le chien ; gluten peu présent dans les aliments sans céréales

Deux points méritent une attention particulière. Le poisson est souvent perçu comme un aliment "naturel" pour le chat et donc supposé peu allergisant. C'est une idée reçue : le thon, le saumon et le maquereau sont parmi les allergènes félins les plus fréquemment identifiés, précisément parce qu'ils sont massivement utilisés dans les formulations industrielles et que les chats y sont exposés depuis le jeune âge de façon répétée.

L'agneau, longtemps présenté comme une "novel protein" hypoallergénique, est désormais présent dans de nombreuses gammes grand public. Un chat qui a consommé de l'agneau via des croquettes ou des pâtées standard au cours de sa vie ne peut plus l'utiliser comme novel protein dans un régime d'éviction.

Races félines à risque d'allergie alimentaire

Si toutes les races de chats peuvent développer une allergie alimentaire, certaines présentent une prédisposition génétique documentée à l'hypersensibilité cutanée et/ou digestive qui les expose davantage.

Siamois et races orientales apparentées

Le Siamois est la race féline archétypale de l'hypersensibilité. Sa prédisposition aux affections immunitaires — allergies, maladies auto-immunes, entéropathies inflammatoires — est bien documentée dans la littérature dermatologique vétérinaire. Le Balinais, l'Oriental à poil court et l'Oriental à poil long, génétiquement proches du Siamois, partagent cette susceptibilité accrue.

Les signes d'allergie alimentaire dans ces races sont souvent mixtes — à la fois cutanés (prurit intense de la tête et du cou, alopécie par léchage) et digestifs (vomissements chroniques, diarrhée intermittente) — et peuvent débuter dès le jeune âge.

Abyssin et Somali

L'Abyssin et sa variante à poil semi-long, le Somali, présentent une prédisposition aux affections cutanées allergiques et aux entéropathies chroniques. Leur pelage court et brillant révèle rapidement toute dégradation de la barrière cutanée liée à une inflammation allergique — ce qui facilite paradoxalement le diagnostic précoce.

Maine Coon

Le Maine Coon, outre ses prédispositions cardiaques bien connues (cardiomyopathie hypertrophique), présente une susceptibilité accrue aux affections cutanées chroniques incluant les allergies alimentaires. La densité de son pelage peut masquer les lésions cutanées débutantes, retardant le diagnostic.

Persan et Himalayen

Le Persan et l'Himalayen présentent une prédisposition aux affections cutanées chroniques et aux otites récidivantes, souvent dans le cadre d'hypersensibilités multiples. La morphologie de leur face aplatie (brachycéphalie) favorise également les problèmes dermatologiques dans les plis faciaux.

Rex Devon et Rex Cornish

Ces races à pelage frisé présentent une barrière cutanée structurellement différente des autres races — leur revêtement pileux atypique les prédispose aux affections cutanées inflammatoires chroniques, dont les allergies alimentaires font partie. L'alopécie est souvent rapidement visible dans ces races en raison de la finesse de leur pelage.

Norvégien et Ragdoll

Ces races à poil mi-long présentent une susceptibilité modérée aux hypersensibilités cutanées. La densité de leur sous-poil peut retarder la détection des lésions cutanées débutantes, ce qui justifie un examen régulier de la peau en écartant le pelage.

💡 Bon à savoir

L'allergie alimentaire peut se développer à tout âge chez le chat, y compris chez un animal qui a consommé le même aliment pendant plusieurs années sans problème apparent. La sensibilisation allergique est un processus cumulatif : le système immunitaire peut tolérer une protéine pendant des années avant de "basculer" dans une réponse allergique. Ce mécanisme explique pourquoi beaucoup de propriétaires ne comprennent pas que l'aliment "qu'il mange depuis 5 ans" puisse soudainement poser problème.

Symptômes évocateurs d'allergie alimentaire chez le chat

Le tableau clinique de l'allergie alimentaire féline est caractérisé par deux éléments distinctifs : son caractère non saisonnier et sa topographie préférentielle tête-cou, qui la distingue des autres formes d'hypersensibilité.

Signes cutanés

Le prurit intense non saisonnier est le signe cardinal. Il se manifeste préférentiellement sur la tête, le cou, le pourtour de la bouche et les pinnae (pavillons auriculaires) — ce pattern topographique "tête et cou" est très évocateur d'allergie alimentaire chez le chat et permet de la distinguer cliniquement de l'atopie environnementale, dont la distribution est plus variable.

Le syndrome ulcératif éosinophilique regroupe trois entités lésionnelles spécifiques au chat qui peuvent toutes être associées à une allergie alimentaire : le placard éosinophilique (lésion surélevée, rouge-orangée, bien délimitée, localisée sur la face interne des cuisses ou sur l'abdomen), le granulome éosinophilique (plaque ou nodule linéaire sur le dos ou la face postérieure des membres postérieurs), et l'ulcère indolore (lésion érosive de la lèvre supérieure, souvent unilatérale, indolore malgré son aspect impressionnant).

L'alopécie par léchage compulsif est une autre manifestation fréquente : le chat lèche compulsivement son ventre, ses flancs et la face interne de ses membres antérieurs, créant une alopécie "fonctionnelle" dont les follicules pileux sont intacts (le poil est cassé à la base, pas absent). Cette alopécie est souvent la première — et parfois la seule — manifestation visible de l'allergie alimentaire chez des chats discrets dans leur comportement de grattage.

La dermatite miliaire se manifeste par de petites croûtes dispersées sur le dos, la nuque et la base de la queue, que les propriétaires décrivent souvent comme de petits "grains de mil" en passant la main sur le pelage.

Signes digestifs

Proportionnellement plus fréquents que chez le chien, les signes digestifs peuvent dominer le tableau clinique — parfois en l'absence totale de signes cutanés. Les vomissements chroniques survenant à distance des repas (distincts des vomissements de boules de poils) et la diarrhée chronique avec selles molles sont les plus fréquents. Un inconfort abdominal (position antalgique, difficulté à s'allonger confortablement) peut être observé.

Signes otologiques

Les otites récidivantes à Malassezia ou à Otodectes cynotis secondaires constituent un signe d'appel fréquent et sous-estimé de l'allergie alimentaire chez le chat. Un chat qui fait des otites à répétition sans cause parasitaire identifiée doit faire suspecter une hypersensibilité sous-jacente — alimentaire en premier lieu.

Diagnostic : la démarche vétérinaire étape par étape

Le diagnostic d'allergie alimentaire chez le chat suit une démarche structurée en plusieurs étapes. Le régime d'éviction alimentaire reste le seul outil diagnostique validé — les tests sérologiques de détection des IgE spécifiques (tests sanguins d'allergie) ne sont pas fiables chez le chat et génèrent de nombreux faux positifs et faux négatifs.

Étape 1 : exclusion des autres causes de prurit

Avant d'engager un régime d'éviction, les autres causes de prurit et de dermatite doivent être exclues ou traitées. Un bilan parasitaire complet (traitement antiparasitaire externe efficace contre les puces pendant au moins 3 mois sur tous les animaux du foyer) est systématique — la DAPP féline est la première cause de prurit chez le chat et peut mimer une allergie alimentaire. Les dermatophytoses (teigne) et les démodécies (rares chez le chat) doivent également être exclues.

Étape 2 : bilan initial

Un examen clinique complet, un bilan sanguin de base (NFS, biochimie) et une cytologie cutanée des lésions permettent d'évaluer l'état général du chat, de confirmer la nature inflammatoire des lésions, et d'identifier d'éventuelles surinfections bactériennes ou fongiques à traiter en parallèle du régime d'éviction.

Étape 3 : bilan alimentaire complet

C'est une étape essentielle souvent bâclée. Il faut reconstituer de façon exhaustive tout ce que le chat a consommé au cours de sa vie : aliments secs et humides (toutes marques successives), friandises, compléments, médicaments palatables, restes de table, proies s'il sort à l'extérieur. Ce bilan permet d'identifier les protéines auxquelles le chat a été exposé — et donc celles qui ne peuvent pas servir de novel protein dans le régime d'éviction.

Étape 4 : régime d'éviction alimentaire

C'est l'étape diagnostique centrale, développée en détail dans la section suivante. Sa durée minimale est de 8 à 10 semaines chez le chat — parfois 12 semaines dans les cas chroniques anciens — avec une exclusivité totale et absolue. L'amélioration clinique pendant le régime est le signe diagnostique principal.

Étape 5 : réintroduction et confirmation

Si les signes s'améliorent significativement pendant le régime d'éviction, la réintroduction séquentielle des protéines suspectes permet de confirmer le diagnostic et d'identifier précisément les allergènes responsables. La rechute après réintroduction d'une protéine spécifique confirme l'allergie à cette protéine.

Le régime d'éviction chez le chat : mode d'emploi complet

Le régime d'éviction chez le chat obéit aux mêmes principes que chez le chien, mais avec des contraintes spécifiques liées à la biologie et au comportement félins qui le rendent plus délicat à conduire.

Durée : 8 à 10 semaines minimum

La durée minimale recommandée chez le chat est de 8 à 10 semaines, avec une tendance à préconiser 10 à 12 semaines dans les cas chroniques anciens dont les lésions cutanées sont installées depuis longtemps. Le cycle épidermique du chat (3 à 4 semaines) et la persistance des anticorps circulants après suppression de l'allergène justifient cette durée.

Les règles absolues du régime d'éviction félin

Les règles sont identiques à celles du régime d'éviction canin, avec trois contraintes supplémentaires spécifiques au chat.

Le chat qui sort doit être surveillé : un chat qui a accès à l'extérieur peut chasser et ingérer des proies (oiseaux, rongeurs, lézards) dont les protéines contaminent le régime d'éviction. Idéalement, le chat doit être gardé en intérieur pendant toute la durée du protocole. Si ce n'est pas possible, une surveillance accrue des sorties est indispensable.

Le chat en foyer multi-espèces ne doit pas accéder aux gamelles des autres animaux : les repas doivent être donnés dans des pièces séparées, avec un temps suffisant pour que les autres animaux aient terminé avant de laisser le chat en régime accéder aux espaces communs.

Ne jamais laisser le chat en jeûne total plus de 36 heures : contrairement au chien, le chat développe une lipidose hépatique (stéatose hépatique) potentiellement fatale lors d'un jeûne prolongé — notamment s'il est en surpoids. Si le chat refuse catégoriquement le nouvel aliment pendant plus de 36 heures, une intervention vétérinaire est nécessaire pour éviter cette complication grave.

Calendrier de suivi recommandé

Étape Délai Objectif
Démarrage J0 Transition complète vers l'aliment du régime, noter date de démarrage
Évaluation précoce J14 – J21 Vérifier l'acceptation de l'aliment, absence de signes de lipidose
Évaluation intermédiaire Semaine 4 Évaluation clinique : amélioration partielle, stagnation ou aggravation
Évaluation finale Semaine 8 – 10 Conclusion diagnostique, décision sur la réintroduction
Réintroduction Semaine 10 – 16 Identification séquentielle des allergènes responsables

Gérer la néophobie alimentaire féline pendant le régime d'éviction

La néophobie alimentaire est le principal obstacle pratique au régime d'éviction chez le chat. Elle peut conduire à un refus total du nouvel aliment pendant plusieurs jours — et donc à un jeûne qui expose à la lipidose hépatique chez un chat en surpoids.

Protocole de transition adapté au chat

La transition vers le nouvel aliment doit être beaucoup plus progressive que chez le chien : 10 à 14 jours minimum, avec des paliers très petits et maintenus suffisamment longtemps pour que le chat s'y habitue avant de progresser.

Jours Ancien aliment Nouvel aliment
Jours 1 – 3 90 % 10 %
Jours 4 – 6 75 % 25 %
Jours 7 – 9 50 % 50 %
Jours 10 – 12 25 % 75 %
Jours 13 – 14 0 % 100 %

Si le chat refuse à une étape, maintenez le palier précédent 3 à 5 jours supplémentaires sans progresser. Ne proposez jamais deux aliments différents en alternance — cela renforce la néophobie en apprenant au chat qu'un refus entraîne une proposition plus appétente.

Stratégies pratiques pour améliorer l'acceptation

Tiédir légèrement les croquettes (quelques secondes au micro-ondes avec un peu d'eau tiède) amplifie les arômes naturels et améliore l'acceptation chez de nombreux chats. Humidifier les croquettes avec de l'eau tiède modifie la texture et peut faciliter la transition pour les chats habitués aux aliments humides. Proposer toujours le même aliment sans jamais alterner avec un autre — la constance est la clé de l'acceptation progressive.

En dernier recours, saupoudrer légèrement les nouvelles croquettes d'un attrait alimentaire autorisé (levure de bière si la composition ne contient pas de protéines allergènes, ou un peu de bouillon de Tenebrio molitor si l'aliment utilisé est à base de Tenebrio) peut aider au démarrage — à condition que cet attrait ne contienne aucune des protéines que le régime cherche à exclure.

⚠️ Risque de lipidose hépatique

Un chat en surpoids qui refuse de manger pendant plus de 36 à 48 heures mobilise massivement ses réserves de graisses vers le foie, qui ne peut pas les traiter assez rapidement — provoquant une lipidose hépatique (stéatose hépatique), affection potentiellement fatale. Ne jamais laisser un chat — et a fortiori un chat en surpoids — sans nourriture plus de 36 heures. Si le refus de l'aliment du régime se prolonge, consultez votre vétérinaire en urgence.

Choisir le bon aliment pour le régime d'éviction du chat

Le choix de l'aliment conditionne la réussite du régime d'éviction. Deux familles d'aliments sont utilisables, avec des critères spécifiques liés aux besoins nutritionnels du carnivore strict.

Aliment à novel protein

Pour être utilisable en régime d'éviction chez le chat, un aliment à novel protein doit répondre à cinq critères non négociables.

La protéine doit être véritablement inédite pour ce chat spécifiquement — en tenant compte de tout son historique alimentaire, y compris les friandises, les médicaments palatables et les proies s'il sort. Elle doit être strictement mono-protéique — une seule source de protéine animale. La composition doit être simple et transparente, sans arômes non identifiés ni sous-produits d'espèce non précisée.

L'aliment doit également répondre aux besoins spécifiques du carnivore strict : taux de protéines suffisamment élevé (RPC ≥ 90 g/Mcal pour un chat adulte actif), apport en taurine garanti (acide aminé indispensable que le chat ne peut pas synthétiser — son absence chronique provoque des cardiomyopathies dilatées et des dégénérescences rétiniennes), et phosphore contrôlé (inférieur à 0,8 % particulièrement important chez le chat de plus de 7 ans, espèce très prédisposée à l'insuffisance rénale chronique).

Aliment à protéines hydrolysées

Les aliments à protéines hydrolysées (Royal Canin Hypoallergenic Feline, Hill's z/d Feline, Specific FDD-HY chat) offrent l'avantage de fonctionner indépendamment de l'historique alimentaire du chat. Ils sont efficaces dans la majorité des cas, mais leur palatabilité est parfois insuffisante pour des chats très néophobes. Certains chats avec allergie alimentaire sévère peuvent également réagir à des peptides hydrolysés insuffisamment fragmentés.

Ration ménagère maison

Une ration ménagère à novel protein est possible mais plus complexe chez le chat que chez le chien, en raison de besoins nutritionnels spécifiques stricts (taurine, acide arachidonique, vitamine A préformée) que l'alimentation ménagère ne couvre pas spontanément. Elle nécessite impérativement un équilibrage par un vétérinaire nutritionniste.

FUNGFEED chat : novel protein et aliment diététique réglementaire

Pour les chats présentant une allergie alimentaire dont la prise en charge nécessite un régime d'éviction rigoureux, les croquettes FUNGFEED pour chat répondent aux critères cliniques d'un aliment adapté à cette indication.

🔬 Pourquoi FUNGFEED chat dans la prise en charge de l'allergie alimentaire féline ?

Novel protein absolument inédite — Tenebrio molitor
Le ver de farine est absent de la quasi-totalité des alimentations industrielles félines. Bœuf, poulet, thon, saumon, agneau — les allergènes félins les plus fréquents — sont totalement absents de la formulation. Pour la très grande majorité des chats, le Tenebrio molitor est une protéine que leur système immunitaire n'a jamais rencontrée, ce qui en fait une option de premier choix pour le régime d'éviction diagnostique.

Aliment diététique réglementaire (directive 2008/38/CE)
FUNGFEED bénéficie du statut d'aliment diététique réglementaire pour l'indication "réduction des intolérances aux ingrédients et aux nutriments" — le seul cadre réglementaire européen encadrant formellement les aliments destinés à la prise en charge des hypersensibilités alimentaires. Ce statut garantit une formulation contrôlée et reproductible, au-delà de toute mention marketing non réglementée.

Recette strictement mono-protéique
Le Tenebrio molitor est l'unique source de protéine animale. Pas de poisson caché, pas de poulet en sous-produit, pas d'arômes de viande non identifiés. Cette unicité est indispensable à la validité diagnostique du régime d'éviction et à l'interprétabilité de la phase de réintroduction.

Profil nutritionnel adapté au carnivore strict
RPC = 104 g/Mcal, RPP = 54, protéines brutes = 40 %, glucides = 24,5 %, phosphore = 0,74 %, cendres = 7,2 %. Un taux de protéines brutes à 40 % répond aux besoins métaboliques élevés du carnivore strict. Le RPC de 104 g/Mcal dépasse les recommandations minimales pour le chat adulte actif, garantissant une couverture protéique suffisante même en situation de malabsorption partielle liée à l'allergie.

Taurine garantie
La taurine est un acide aminé indispensable que le chat ne peut pas synthétiser en quantité suffisante. Son apport alimentaire est obligatoire. Une carence chronique en taurine provoque des cardiomyopathies dilatées et des dégénérescences de la rétine (atrophie progressive de la rétine d'origine nutritionnelle). La présence de taurine garantie dans la formulation FUNGFEED chat est une exigence nutritionnelle non négociable pour un aliment destiné à être utilisé sur 8 à 12 semaines et potentiellement à long terme.

Phosphore contrôlé (0,74 %) — santé rénale féline
Le chat est une espèce très prédisposée à l'insuffisance rénale chronique (IRC), qui touche environ 30 à 40 % des chats de plus de 10 ans. Un phosphore alimentaire inférieur à 0,8 % est recommandé chez le chat adulte, et indispensable chez le chat senior ou présentant des signes précoces d'IRC. À 0,74 %, FUNGFEED chat se positionne favorablement sur ce critère.

Psyllium — gestion des boules de poils et confort digestif
Le psyllium apporte des fibres solubles et insolubles qui facilitent le transit intestinal des boules de poils — problème récurrent chez le chat, particulièrement les races à poil long. Ce bénéfice digestif complémentaire est un avantage pratique pour les propriétaires de chats allergiques qui présentent souvent une fragilité digestive associée.

Prébiotiques FOS, MOS et artichaut — microbiote et confort urinaire
Les FOS et MOS soutiennent la restauration d'un microbiote intestinal équilibré, fréquemment perturbé chez les chats allergiques chroniques. L'artichaut contribue au confort urinaire — un point essentiel chez une espèce très prédisposée aux troubles du bas appareil urinaire félin (FLUTD).

Ratio oméga-6/oméga-3 de 3,3
Un ratio favorable qui réduit l'inflammation cutanée chronique à l'origine du prurit, contribue à la restauration de la barrière épidermique fragilisée par l'allergie, et améliore la qualité du pelage.

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La réintroduction des allergènes : confirmer le diagnostic

Si les signes cliniques se sont améliorés significativement au terme du régime d'éviction, la réintroduction séquentielle des protéines suspectes est indispensable pour confirmer formellement le diagnostic et identifier précisément les allergènes responsables.

Méthode de réintroduction

Une seule protéine est réintroduite à la fois, pendant 7 à 14 jours, tout en maintenant l'aliment du régime d'éviction comme base. On ajoute par exemple une petite portion de viande de bœuf cuite (30 à 50 g par jour selon la taille du chat) pendant 7 à 14 jours, tout en continuant l'aliment du régime. Si les signes réapparaissent dans ce délai, le bœuf est identifié comme allergène responsable. La réintroduction est arrêtée, on attend la disparition des signes, puis on teste la protéine suivante.

Si aucun signe ne réapparaît après 14 jours, la protéine réintroduite peut être considérée comme tolérée, et on passe à la suivante. L'ordre de réintroduction recommandé suit la fréquence décroissante des allergènes félins : bœuf en premier, puis produits laitiers, puis poulet, puis poisson.

Pourquoi ne pas sauter la réintroduction ?

Sans réintroduction, on sait que le chat va mieux avec le régime d'éviction, mais on ne peut pas affirmer formellement que c'est bien l'alimentation qui était en cause — ni identifier précisément quel allergène. La réintroduction permet d'éviter de maintenir un chat à vie sur un régime restrictif inutilement, ou au contraire de confirmer que cette restriction est nécessaire et d'en identifier les contours précis.

Gestion à long terme de l'allergie alimentaire chez le chat

L'allergie alimentaire féline est une affection chronique — elle ne disparaît pas spontanément. Une fois les allergènes identifiés par la réintroduction, l'alimentation du chat doit exclure définitivement ces protéines.

L'aliment utilisé pendant le régime d'éviction peut devenir l'alimentation permanente si sa composition ne contient aucun des allergènes identifiés. Un aliment à novel protein mono-protéique comme FUNGFEED chat, dont la composition exclut les allergènes félins les plus fréquents (bœuf, poulet, poisson, agneau), est souvent une solution à long terme parfaitement adaptée.

Un suivi vétérinaire annuel minimum est recommandé pour les chats allergiques maintenus à long terme sur un aliment diététique : évaluation de l'état cutané, du poids, de la fonction rénale (créatinine, urée, SDMA) et de l'état dentaire. De nouvelles sensibilisations peuvent apparaître avec le temps sur des protéines initialement tolérées — justifiant une vigilance continue.

Les friandises et les médicaments palatables doivent être soigneusement choisis pour ne contenir aucune des protéines allergènes identifiées. Un seul écart — une friandise au poulet pour un chat allergique au poulet — peut déclencher une rechute cutanée ou digestive en quelques heures.

FAQ — Questions fréquentes sur l'allergie alimentaire féline

Mon chat est Siamois et a des démangeaisons autour du cou depuis plusieurs mois. Est-ce forcément une allergie alimentaire ?

Le Siamois est une race prédisposée aux hypersensibilités, et le prurit cervico-facial est effectivement un pattern topographique évocateur d'allergie alimentaire chez le chat. Cependant, d'autres causes doivent être exclues en priorité : une infestation par des puces (DAPP) même si vous ne voyez pas de puces, une otite, une teigne ou une dermatophytose. La démarche correcte est une consultation vétérinaire avec bilan complet avant de conclure à une allergie alimentaire et d'entamer un régime d'éviction.

Le poisson est-il une bonne novel protein pour le régime d'éviction de mon chat ?

Non, dans la très grande majorité des cas. Le poisson — et particulièrement le thon, le saumon et le maquereau — est le quatrième allergène félin en fréquence (environ 14 % des allergies alimentaires félines). Si votre chat a déjà consommé des croquettes ou pâtées au poisson à un moment de sa vie, le poisson ne peut pas servir de novel protein dans un régime d'éviction. Et même si votre chat n'en a jamais consommé, le risque d'allergie croisée avec d'autres protéines marines est à considérer.

Mon chat refuse complètement le nouvel aliment depuis 2 jours. Que faire ?

Deux jours de refus partiel (le chat mange moins mais un peu quand même) ne sont pas une urgence mais justifient de ralentir la transition et d'appliquer les stratégies d'acceptation (tiédir les croquettes, humidifier). Deux jours de refus total (le chat ne mange rien du tout) chez un chat en surpoids sont une urgence vétérinaire — le risque de lipidose hépatique est réel au-delà de 36 à 48 heures de jeûne. Consultez sans attendre.

Mon chat a une allergie alimentaire confirmée. Peut-il manger des friandises ?

Oui, à condition que les friandises ne contiennent aucune des protéines allergènes identifiées. Si votre chat est allergique au bœuf et au poulet, les friandises à base de ces protéines sont strictement interdites. La solution la plus simple est de proposer de petites portions de la même novel protein que son aliment habituel (un peu de croquettes FUNGFEED en récompense, par exemple). Lisez systématiquement la liste des ingrédients de toute friandise avant de l'acheter.

Peut-on conduire un régime d'éviction chez un chat qui vit avec un chien ?

Oui, mais avec une organisation rigoureuse. Les repas doivent être donnés dans des pièces séparées, portes fermées, pendant toute la durée du régime. Après les repas, les gamelles des autres animaux doivent être retirées et lavées avant que le chat en régime n'ait accès aux espaces communs. Si le chat mange régulièrement dans la gamelle du chien, le régime sera contaminé et les résultats ininterprétables.

Combien de temps après le début du régime d'éviction peut-on espérer une amélioration ?

Les premières améliorations cutanées sont généralement visibles entre la 4e et la 6e semaine du régime d'éviction — une fois que les anticorps circulants ont diminué et que le cycle épidermique a commencé à se renouveler. Les signes digestifs répondent souvent plus rapidement, parfois dès 2 à 3 semaines. Une amélioration partielle à mi-parcours est encourageante et justifie de poursuivre — n'arrêtez jamais avant 8 semaines complètes.

Conclusion

L'allergie alimentaire féline est une affection chronique fréquente, sérieuse, mais parfaitement gérable dès lors qu'elle est correctement diagnostiquée et prise en charge. Certaines races — Siamois, Abyssin, Maine Coon, Rex Devon, Persan — sont génétiquement prédisposées et méritent une vigilance accrue dès l'apparition de signes évocateurs.

Le régime d'éviction alimentaire reste le seul outil diagnostique fiable. Chez le chat, sa conduite est rendue plus complexe par la néophobie alimentaire et le risque de lipidose hépatique — deux contraintes qui imposent une transition très progressive, une surveillance quotidienne de la prise alimentaire, et une disponibilité vétérinaire en cas de refus prolongé.

Bien conduit, avec un aliment à novel protein véritablement inédite, mono-protéique et nutritionnellement adapté aux besoins du carnivore strict, le régime d'éviction permet dans la grande majorité des cas d'obtenir une réponse diagnostique claire — et d'offrir au chat une alimentation définitivement adaptée à sa réalité immunologique, sans démangeaisons ni récidives.

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