Votre chien vomit régulièrement depuis des semaines, présente une diarrhée chronique qui revient malgré les traitements, perd du poids progressivement sans raison évidente, ou alterne des périodes de mieux et des rechutes digestives inexpliquées. Ces signes, pris isolément, peuvent avoir de nombreuses causes. Mais quand ils s'installent dans la durée — depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois — et qu'ils résistent aux traitements symptomatiques habituels, la maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) doit être envisagée.
La MICI canine est une affection sérieuse mais parfaitement gérable dans la grande majorité des cas. Elle repose sur un mécanisme auto-immun complexe, nécessite un diagnostic précis — incluant une biopsie intestinale dans les formes confirmées — et sa prise en charge fait une place centrale à l'alimentation : un aliment diététique adapté est souvent le pilier thérapeutique le plus efficace et le mieux toléré sur le long terme.
Dans ce guide, j'explique ce qu'est la MICI canine, comment elle se distingue d'une simple sensibilité digestive, comment elle se diagnostique, et quelles options thérapeutiques — médicales et nutritionnelles — permettent d'obtenir une rémission stable.
Qu'est-ce que la MICI chez le chien ?
La maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) — appelée IBD en anglais pour Inflammatory Bowel Disease — désigne un groupe d'affections gastro-intestinales caractérisées par une infiltration chronique et persistante de cellules inflammatoires dans la paroi du tube digestif, en l'absence de cause infectieuse, parasitaire ou néoplasique identifiable.
En d'autres termes, la MICI est une inflammation auto-entretenue de la paroi intestinale dans laquelle le système immunitaire intestinal réagit de façon disproportionnée et chronique — soit à des antigènes alimentaires, soit à la flore bactérienne commensale intestinale normale, soit aux deux simultanément. Cette réaction immunitaire inappropriée provoque une inflammation chronique qui altère progressivement la structure et la fonction de la muqueuse intestinale.
La distinction avec une simple indigestion ou une gastro-entérite aiguë est fondamentale : ces affections aiguës sont transitoires, se résolvent en quelques jours avec ou sans traitement, et ne laissent pas de séquelles structurales. La MICI, elle, est par définition chronique — les signes durent plusieurs semaines à plusieurs mois, persistent ou récidivent malgré les traitements symptomatiques, et finissent par altérer l'état général du chien si elle n'est pas prise en charge.
La distinction avec une entéropathie sensible à l'alimentation (ESA, anciennement appelée allergie ou intolérance alimentaire digestive) est plus subtile : l'ESA répond bien à la seule modification alimentaire, sans nécessiter d'immunosuppresseurs. La MICI vraie nécessite souvent une association alimentation + traitement médical, au moins dans les premières semaines. Dans la pratique clinique, ces deux entités constituent un spectre continu plutôt que deux affections clairement séparées.
Les différentes formes de MICI canine
La MICI canine est classifiée selon le type de cellules inflammatoires qui infiltrent la paroi intestinale à l'examen histologique des biopsies — ce qui explique pourquoi le diagnostic définitif nécessite une biopsie.
Entérite lymphoplasmocytaire
C'est la forme la plus fréquente, représentant environ 60 à 70 % des MICI canines. L'infiltration est composée de lymphocytes et de plasmocytes — des cellules immunitaires impliquées dans la réponse humorale. Elle peut toucher l'estomac, l'intestin grêle ou le côlon, ou plusieurs segments simultanément. La forme lymphoplasmocytaire est souvent celle qui répond le mieux à la combinaison alimentation hypoallergénique + traitement immunosuppresseur.
Entérite éosinophilique
L'infiltration est composée d'éosinophiles — des cellules inflammatoires fortement associées aux réactions allergiques. Cette forme évoque particulièrement une composante hypersensibilité alimentaire sous-jacente et répond souvent très bien à la seule modification alimentaire (novel protein ou protéines hydrolysées), parfois sans nécessiter d'immunosuppresseurs. Elle représente environ 15 à 20 % des MICI canines.
Entérite granulomateuse
Forme moins fréquente et plus grave, caractérisée par la formation de granulomes — agrégats de macrophages activés — dans la paroi intestinale. Elle est plus résistante aux traitements conventionnels et peut nécessiter des protocoles immunosuppresseurs intensifs. Elle touche plus souvent le côlon (colite granulomateuse) et est particulièrement décrite chez le Boxer.
Colite histiocytaire ulcérative du Boxer
Forme entité à part, spécifique au Boxer (et plus rarement au Bouledogue Français), caractérisée par une inflammation sévère du côlon avec ulcérations profondes. Contrairement aux autres formes de MICI, cette affection est liée à une infection intracellulaire par Escherichia coli adhérents et invasifs (AIEC) et répond remarquablement bien à l'enrofloxacine (fluoroquinolone) — ce qui en fait la seule forme de MICI canine avec un traitement antibiotique efficace identifié.
Entéropathie avec perte de protéines (EPP)
L'entéropathie avec perte de protéines (EPP ou PLE pour Protein-Losing Enteropathy) est la complication la plus grave de la MICI. L'inflammation sévère de la muqueuse intestinale altère tellement les villosités que les protéines plasmatiques — principalement l'albumine — fuient dans la lumière intestinale et sont perdues dans les selles. Elle se manifeste par une hypoalbuminémie sévère avec œdèmes des membres, ascite (épanchement abdominal) et épanchements pleuraux. Son pronostic est réservé et sa prise en charge nécessite une hospitalisation urgente.
Causes et mécanismes de la MICI canine
La MICI résulte d'une interaction complexe entre plusieurs facteurs. Aucune cause unique n'a été identifiée — c'est un processus multifactoriel dans lequel la génétique, le microbiote intestinal, le système immunitaire et les antigènes environnementaux (alimentaires ou microbiens) interagissent de façon pathologique.
Dysrégulation immunitaire intestinale
Le tube digestif abrite le plus grand compartiment immunitaire de l'organisme — le GALT (Gut-Associated Lymphoid Tissue), qui représente environ 70 % du système immunitaire total. Dans des conditions normales, ce système immunitaire intestinal maintient une tolérance vis-à-vis des antigènes alimentaires et de la flore commensale, tout en restant capable de réagir aux agents pathogènes réels.
Dans la MICI, cette tolérance est rompue. Le système immunitaire intestinal perd sa capacité à distinguer les antigènes inoffensifs (aliments, flore normale) des agents pathogènes, et déclenche une réponse inflammatoire chronique inappropriée contre des éléments normalement tolérés. Cette réponse inflammatoire auto-entretenue finit par s'amplifier indépendamment du stimulus initial.
Dysbiose intestinale
La dysbiose — déséquilibre de la composition du microbiote intestinal — est à la fois une cause et une conséquence de la MICI. Chez les chiens atteints, on observe systématiquement une réduction de la diversité microbienne, une diminution des bactéries bénéfiques productrices de butyrate (acide gras à chaîne courte protecteur de la muqueuse) et une augmentation relative des bactéries pro-inflammatoires. Cette dysbiose entretient et amplifie l'inflammation intestinale dans un cercle vicieux.
Facteurs génétiques
Certaines races présentent des mutations dans les gènes codant pour les récepteurs immunitaires intestinaux (notamment les récepteurs TLR — Toll-Like Receptors) qui altèrent la reconnaissance des antigènes bactériens et prédisposent à une réponse inflammatoire excessive. Le Berger Allemand, le Yorkshire Terrier et le Boxer ont des prédispositions génétiques documentées à certaines formes de MICI.
Antigènes alimentaires
Les protéines alimentaires jouent un rôle direct dans le déclenchement et l'entretien de l'inflammation intestinale dans les MICI. Chez les chiens génétiquement prédisposés, certaines protéines alimentaires — principalement les protéines animales courantes (bœuf, poulet, produits laitiers) — sont présentées de façon aberrante au système immunitaire intestinal et déclenchent une réponse inflammatoire. C'est ce mécanisme qui explique pourquoi la modification alimentaire est souvent la première ligne thérapeutique dans la prise en charge de la MICI.
Symptômes : comment reconnaître une MICI chez le chien ?
Les signes cliniques de la MICI varient selon la localisation de l'inflammation (estomac, intestin grêle, côlon) et la sévérité de l'atteinte muqueuse. Ils s'installent généralement de façon progressive sur plusieurs semaines à plusieurs mois.
Signes digestifs
Les vomissements chroniques sont l'un des signes les plus fréquents, particulièrement quand l'inflammation touche l'estomac ou l'intestin grêle proximal. Ils peuvent survenir à distance des repas, contenir de la bile (vomissements jaunes), et être présents plusieurs fois par semaine de façon chronique. Leur caractère chronique et répétitif — sans amélioration durable malgré les traitements — est ce qui les distingue de vomissements occasionnels sans conséquence.
La diarrhée chronique est également très fréquente. Selon la localisation de l'inflammation, elle peut être de type intestin grêle (selles abondantes, molles à liquides, sans sang ni mucus, avec perte de poids) ou de type côlon (selles fréquentes, en petites quantités, avec mucus et parfois sang rouge vif, avec ténesme — effort de défécation douloureux). Les deux types peuvent coexister.
La perte de poids progressive est un signe très évocateur de MICI sévère. Elle résulte de la malabsorption intestinale liée à l'atteinte des villosités — les structures qui absorbent les nutriments — et de la perte fécale de protéines dans les formes avec entéropathie exsudative. Un chien qui mange normalement mais continue à perdre du poids doit toujours alerter.
Autres signes associés
L'hyporexie ou anorexie partielle est fréquente — le chien mange moins bien, semble avoir moins d'appétit, boude sa gamelle de façon intermittente. Des borborygmes (bruits intestinaux audibles à distance) et un météorisme abdominal (ventre gonflé, inconfortable) peuvent être observés. Dans les formes avec entéropathie avec perte de protéines, des œdèmes déclives (membres gonflés) et un abdomen distendu par l'ascite apparaissent — signes d'urgence qui nécessitent une hospitalisation immédiate.
⚠️ Signes d'alarme nécessitant une consultation urgente
Consultez votre vétérinaire en urgence si votre chien présente : perte de poids rapide (plus de 10 % du poids corporel en moins de 4 semaines), membres gonflés ou ventre distendu, sang rouge vif abondant dans les selles, état de prostration ou faiblesse marquée, vomissements incoercibles (plus de 5 fois par jour). Ces signes peuvent indiquer une entéropathie avec perte de protéines ou une complication grave nécessitant une prise en charge hospitalière immédiate.
Races prédisposées à la MICI
Si la MICI peut toucher toutes les races, certaines présentent des prédispositions documentées.
Le Berger Allemand est la race la plus fréquemment atteinte, avec une prédisposition à l'entérite lymphoplasmocytaire et à l'insuffisance pancréatique exocrine (IPE) qui peut coexister ou mimer une MICI. Le Yorkshire Terrier est prédisposé à l'entéropathie avec perte de protéines, souvent sévère. Le Boxer présente la colite histiocytaire ulcérative qui lui est quasi-spécifique. Le Basenji développe une entéropathie lymphoplasmocytaire à forte composante génétique. Le Shar-Pei, déjà connu pour ses prédispositions immunitaires multiples, présente une susceptibilité accrue aux entéropathies inflammatoires. Le Soft Coated Wheaten Terrier est prédisposé à une forme combinée entéropathie avec perte de protéines et néphropathie avec perte de protéines.
Diagnostic : comment confirmer une MICI chez le chien ?
Le diagnostic de MICI est un diagnostic d'exclusion : il ne peut être posé qu'après avoir éliminé toutes les autres causes possibles de signes digestifs chroniques. C'est une démarche structurée en plusieurs étapes.
Étape 1 : exclusion des causes courantes
Les examens de première intention visent à exclure les causes infectieuses (coproparasitologie, cultures bactériennes fécales, PCR pour les agents pathogènes courants), les parasitoses (examen de selles, traitement antiparasitaire d'épreuve), les troubles métaboliques (bilan biochimique complet, bilan rénal, bilan hépatique, dosage de la cobalamine B12 et des folates pour évaluer la fonction d'absorption intestinale) et les troubles pancréatiques (lipase pancréatique spécifique cPLI pour la pancréatite, TLI pour l'insuffisance pancréatique exocrine).
Étape 2 : essai alimentaire
Avant toute investigation invasive, un essai alimentaire de 4 à 6 semaines avec un aliment à novel protein ou à protéines hydrolysées est recommandé. Si les signes disparaissent complètement avec le seul changement alimentaire, le diagnostic est réorienté vers une entéropathie sensible à l'alimentation (ESA) — qui n'est pas une MICI vraie et ne nécessite ni biopsie ni immunosuppresseurs. Ce test permet d'éviter des investigations plus invasives et coûteuses dans une proportion significative des cas.
Étape 3 : imagerie abdominale
L'échographie abdominale permet d'évaluer l'épaisseur et la structure de la paroi intestinale, de rechercher une adénomégalie (ganglions mésentériques élargis), d'évaluer le foie et le pancréas, et de guider les biopsies échoguidées à l'aiguille fine. Elle ne permet pas de poser le diagnostic histologique de MICI mais oriente la prise en charge.
Étape 4 : endoscopie et biopsies intestinales
C'est l'étape diagnostique définitive. L'endoscopie digestive haute (gastroscopie + duodénoscopie) et/ou basse (coloscopie) sous anesthésie générale permet de visualiser directement la muqueuse intestinale et de prélever des biopsies multiples. L'analyse histologique de ces biopsies par un pathologiste vétérinaire identifie le type et la sévérité de l'infiltrat inflammatoire, permettant de classer la MICI et d'orienter le traitement. Les biopsies chirurgicales (laparotomie) sont réservées aux segments non accessibles par endoscopie ou aux cas nécessitant des prélèvements plus profonds.
Score CIBDAI
Le CIBDAI (Canine Inflammatory Bowel Disease Activity Index) est un score clinique standardisé qui évalue la sévérité de la MICI sur 6 critères cotés de 0 à 3 : attitude générale, appétit, vomissements, consistance des selles, fréquence de défécation et perte de poids. Un score de 0 à 3 indique une maladie cliniquement insignifiante, de 4 à 5 une maladie légère, de 6 à 8 modérée, et ≥ 9 sévère. Ce score sert de référence pour évaluer la réponse au traitement.
Traitements médicaux disponibles
La prise en charge médicale de la MICI repose sur deux piliers : la modification alimentaire (développée en section suivante) et les traitements immunosuppresseurs ou anti-inflammatoires.
Corticoïdes
La prednisolone (ou prednisone) est le traitement immunosuppresseur de première intention dans la MICI canine. Elle est administrée à dose immunosuppressive initiale (1 à 2 mg/kg/jour) pendant 4 à 6 semaines, puis réduite progressivement sur plusieurs mois jusqu'à la dose minimale efficace — ou jusqu'au sevrage complet si la rémission est obtenue et maintenue. Une réponse clinique est généralement visible en 2 à 4 semaines. Les effets secondaires au long cours (polyurie, polydipsie, prise de poids, fonte musculaire, susceptibilité aux infections) nécessitent un suivi régulier.
Immunosuppresseurs de second recours
En cas de résistance aux corticoïdes, de rechute au sevrage, ou d'effets secondaires intolérables, des immunosuppresseurs de second recours peuvent être associés : azathioprine (chien uniquement — toxique chez le chat), chlorambucil, ou ciclosporine. Ces médicaments nécessitent un suivi biologique régulier (numération formule sanguine, bilan hépatique) en raison de leur myélotoxicité potentielle.
Antibiotiques
Le métronidazole est fréquemment associé aux corticoïdes dans les premières semaines de traitement : outre son activité antibactérienne contre les anaérobies, il possède des propriétés immunomodulatrices intestinales qui contribuent à la réduction de l'inflammation de la muqueuse. Il n'est pas utilisé seul comme traitement de la MICI (sauf dans la colite histiocytaire du Boxer où l'enrofloxacine est le traitement de choix).
Supplémentation en cobalamine (vitamine B12)
La cobalamine est absorbée exclusivement dans l'iléon distal. Une MICI affectant ce segment provoque systématiquement une malabsorption de la cobalamine, dont la carence aggrave à son tour la fonction immunitaire intestinale — un cercle vicieux. Le dosage sanguin de la cobalamine est systématique dans le bilan initial de toute MICI, et une supplémentation parentérale (injections sous-cutanées hebdomadaires) est indispensable en cas de déficit avéré.
Le rôle central de l'alimentation dans la MICI canine
La modification alimentaire n'est pas un traitement adjuvant mineur dans la MICI — c'est souvent le levier thérapeutique le plus efficace et le mieux toléré sur le long terme. Dans certaines formes (notamment l'entérite éosinophilique et les entéropathies sensibles à l'alimentation), elle peut suffire seule à obtenir et maintenir une rémission complète sans aucun médicament.
Pourquoi l'alimentation est-elle si importante dans la MICI ?
Les antigènes alimentaires sont en contact permanent avec la muqueuse intestinale inflammée. Dans la MICI, le système immunitaire intestinal réagit de façon exagérée à des protéines alimentaires normalement tolérées. En supprimant ces protéines et en les remplaçant par des sources que le système immunitaire intestinal n'a jamais rencontrées — ou par des protéines fragmentées trop petites pour être reconnues comme antigènes — on réduit directement la stimulation antigénique qui entretient l'inflammation.
Parallèlement, un aliment adapté à la MICI doit également répondre à des exigences nutritionnelles spécifiques liées à la malabsorption : haute digestibilité pour compenser la réduction de surface absorptive, densité nutritionnelle élevée pour couvrir les besoins malgré les pertes digestives, et faible teneur en matières grasses dans les formes avec lymphangiectasie intestinale (dilatation des vaisseaux lymphatiques de la paroi intestinale, fréquente dans les EPP sévères).
Aliment à novel protein ou à protéines hydrolysées ?
Deux stratégies alimentaires ont démontré leur efficacité dans la prise en charge de la MICI canine.
L'aliment à novel protein contient une source de protéine animale que le chien n'a jamais consommée, et donc contre laquelle son système immunitaire intestinal n'a pas (encore) développé de réponse inflammatoire. C'est l'approche la plus naturelle et souvent la mieux acceptée par les chiens difficiles. Elle nécessite de faire le bilan complet de tout ce que le chien a consommé au cours de sa vie pour choisir une protéine véritablement inédite.
L'aliment à protéines hydrolysées contient des protéines fragmentées en peptides trop courts pour être reconnus par le système immunitaire intestinal. Cette approche est efficace même sans connaissance précise de l'historique alimentaire du chien. Cependant, certains chiens avec MICI sévère peuvent réagir même à des peptides hydrolysés — dans ce cas, l'aliment à novel protein est préférable.
Les critères d'un aliment adapté à la MICI
Au-delà du choix de la protéine, un aliment adapté à la MICI doit répondre à plusieurs critères nutritionnels spécifiques : haute digestibilité des protéines et des glucides (protéines de haute valeur biologique, sources de glucides facilement digestibles comme le riz ou le tapioca), teneur modérée en matières grasses (importante dans les formes avec lymphangiectasie), apport en prébiotiques pour soutenir la restauration du microbiote dysbiogène, et composition simple et transparente pour garantir l'absence de tout allergène caché.
FUNGFEED : aliment diététique réglementaire pour la prise en charge de la MICI
Dans la prise en charge nutritionnelle de la MICI canine, les croquettes FUNGFEED pour chien répondent aux exigences cliniques d'un aliment diététique adapté à cette indication.
🔬 Pourquoi FUNGFEED dans la prise en charge de la MICI canine ?
Aliment diététique réglementaire (directive 2008/38/CE)
FUNGFEED bénéficie du statut d'aliment diététique réglementaire au sens de la directive européenne 2008/38/CE, pour l'indication "réduction des intolérances aux ingrédients et aux nutriments". C'est le seul cadre réglementaire européen qui encadre formellement les aliments destinés à la prise en charge des affections digestives d'origine immunologique — dont la MICI fait partie. Ce statut garantit une formulation contrôlée, reproductible et soumise à la responsabilité réglementaire du fabricant.
Novel protein absolument inédite — Tenebrio molitor
Le ver de farine est absent de la quasi-totalité des alimentations industrielles courantes. Pour la très grande majorité des chiens atteints de MICI, cette protéine est véritablement vierge pour le système immunitaire intestinal — ce qui minimise le risque de réponse inflammatoire contre la source protéique de l'aliment et maximise les chances de succès de l'essai alimentaire diagnostique et thérapeutique.
Recette strictement mono-protéique
Le Tenebrio molitor est l'unique source de protéine animale. Aucun bœuf, aucun poulet, aucun poisson, aucun sous-produit animal d'une autre espèce. Cette unicité réduit au minimum la stimulation antigénique de la muqueuse intestinale inflammée et simplifie la gestion du régime à long terme.
Glucides facilement digestibles — tapioca
La source de glucides principale est le tapioca (amidon de manioc), réputé pour sa très haute digestibilité et sa faible allerginicité. Dans un intestin dont la surface absorptive est réduite par l'inflammation chronique, une source de glucides hautement digestible est indispensable pour assurer une couverture énergétique suffisante malgré la malabsorption.
Profil nutritionnel adapté — RPC 94, RPP 49
RPC = 94 g/Mcal, RPP = 49, protéines brutes = 35 %, glucides = 25,3 %, phosphore = 0,71 %, cendres = 6,5 %. Un équilibre nutritionnel complet qui assure une couverture des besoins même dans un contexte de malabsorption partielle, sans surcharger un tube digestif fragilisé.
Prébiotiques FOS, MOS et psyllium — restauration du microbiote
La dysbiose intestinale est à la fois une cause et une conséquence de la MICI. Les prébiotiques FOS et MOS favorisent la croissance des bactéries bénéfiques productrices de butyrate (acide gras à chaîne courte protecteur de la muqueuse) et réduisent la proportion relative des bactéries pro-inflammatoires. Le psyllium apporte des fibres solubles qui forment un gel protecteur de la muqueuse et régularisent le transit. Ces trois composants contribuent directement à la restauration d'un microbiote équilibré — objectif central de la prise en charge nutritionnelle de la MICI.
Ratio oméga-6/oméga-3 de 3 — réduction de l'inflammation muqueuse
Les oméga-3 (EPA et DHA notamment) ont des propriétés anti-inflammatoires démontrées au niveau de la muqueuse intestinale : ils réduisent la production de cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, TNF-α) et favorisent la production de médiateurs pro-résolutifs. Un ratio oméga-6/oméga-3 bas contribue directement à la réduction de l'inflammation chronique de la muqueuse dans la MICI.
Suivi à long terme et gestion des rechutes
La MICI est une affection chronique qui ne guérit pas définitivement dans la majorité des cas — l'objectif thérapeutique est la rémission clinique stable, définie par la disparition ou la réduction significative des signes cliniques avec la meilleure qualité de vie possible et le traitement médical minimal nécessaire.
Rythme de suivi recommandé
En phase d'induction (premiers 2 à 3 mois de traitement), un suivi vétérinaire toutes les 3 à 4 semaines est recommandé pour évaluer la réponse clinique (score CIBDAI), surveiller les effets secondaires des médicaments (bilan sanguin : NFS, bilan hépatique), et ajuster les doses. En phase de maintenance (rémission obtenue), un suivi trimestriel puis semestriel est suffisant chez les patients stables.
Sevrage médicamenteux progressif
Une fois la rémission clinique obtenue et stabilisée (généralement après 2 à 3 mois de traitement bien conduit), les immunosuppresseurs sont réduits très progressivement — jamais brutalement — sur plusieurs mois. La modification alimentaire, elle, est maintenue à vie chez les chiens dont la rémission dépend en partie de l'alimentation. L'alimentation est souvent le dernier traitement à être modifié et le premier à protéger des rechutes.
Gérer les rechutes
Les rechutes font partie de l'évolution naturelle de la MICI. Elles surviennent souvent lors d'une modification alimentaire non planifiée (nouvelle friandise, reste de table), d'un épisode de stress intense, d'une infection intercurrente, ou lors d'une réduction trop rapide des médicaments. Face à une rechute, la première étape est de vérifier scrupuleusement l'alimentation — une contamination alimentaire involontaire est souvent en cause. La reprise transitoire du traitement médical à dose plus élevée pendant quelques semaines est généralement suffisante pour obtenir une nouvelle rémission.
Paramètres biologiques à surveiller
Le dosage régulier de l'albumine sérique est essentiel pour détecter précocement une évolution vers une entéropathie avec perte de protéines. La cobalamine doit être dosée régulièrement et supplémentée si nécessaire. Le bilan hépatique doit être surveillé chez les chiens sous azathioprine ou sous corticoïdes au long cours.
FAQ — Questions fréquentes sur la MICI chez le chien
La MICI peut-elle guérir définitivement ?
Dans la majorité des cas, la MICI est une affection chronique qui se gère plutôt qu'elle ne guérit. Cependant, une proportion significative de chiens atteints de formes légères à modérées — particulièrement les entéropathies sensibles à l'alimentation et les entérites éosinophiliques — obtiennent une rémission complète et durable avec la seule modification alimentaire, sans nécessiter de médicaments au long terme. La réponse à long terme est très variable selon la forme histologique, la sévérité initiale et la précocité de la prise en charge.
Mon chien a une MICI. Doit-il manger un aliment vétérinaire toute sa vie ?
Pas nécessairement un aliment vendu en clinique vétérinaire, mais oui, un aliment adapté à sa condition de façon permanente. Si la rémission a été obtenue en partie grâce à la modification alimentaire, tout retour à l'alimentation antérieure risque de provoquer une rechute. L'aliment utilisé pendant le traitement peut devenir l'alimentation permanente si sa composition convient — un aliment diététique réglementaire à novel protein comme FUNGFEED peut très bien être maintenu à vie.
Quelle est la différence entre une MICI et une simple sensibilité digestive ?
La sensibilité digestive se manifeste par des troubles ponctuels (selles molles après un repas inhabituel, vomissements occasionnels après ingestion d'un aliment inadapté) qui se résolvent spontanément en 24 à 48 heures. La MICI se caractérise par des signes persistants sur plusieurs semaines à plusieurs mois, qui ne se résolvent pas spontanément, s'accompagnent d'une perte de poids, et nécessitent un bilan diagnostique approfondi incluant des biopsies. Une sensibilité digestive ne laisse pas de trace structurale à la biopsie — la MICI si.
Mon chien vomit depuis 3 semaines. Est-ce forcément une MICI ?
Pas nécessairement. De nombreuses affections peuvent provoquer des vomissements chroniques chez le chien : corps étranger partiel, sténose pylorique, pancréatite chronique, insuffisance hépatique, insuffisance rénale chronique, hypothyroïdie, et bien d'autres. La MICI n'est évoquée qu'après exclusion des autres causes par un bilan clinique et biologique complet. Trois semaines de vomissements chroniques justifient une consultation vétérinaire avec bilan approfondi — pas un autodiagnostic.
Peut-on donner des probiotiques à un chien atteint de MICI ?
Les probiotiques — bactéries vivantes administrées pour moduler le microbiote intestinal — sont utilisés en complément des traitements conventionnels dans certains protocoles de MICI canine. Les données disponibles sont encourageantes mais encore insuffisantes pour en faire une recommandation systématique. Les souches les mieux documentées chez le chien sont Lactobacillus acidophilus, Enterococcus faecium et Bifidobacterium animalis. Parlez-en à votre vétérinaire avant d'introduire un probiotique chez un chien en cours de traitement pour MICI.
La MICI est-elle douloureuse pour le chien ?
Les formes légères à modérées provoquent principalement un inconfort digestif — nausées, ballonnements, inconfort abdominal — sans douleur franche. Les formes sévères, particulièrement celles avec ulcérations (colite histiocytaire du Boxer) ou avec entéropathie avec perte de protéines entraînant des œdèmes, peuvent être associées à une douleur et à une altération significative de la qualité de vie. Un traitement précoce et adapté réduit l'inflammation et l'inconfort, et améliore rapidement le bien-être de l'animal.
Conclusion
La MICI canine est une affection sérieuse qui mérite un diagnostic rigoureux et une prise en charge structurée. Elle ne se traite pas avec des pansements digestifs temporaires — elle nécessite une compréhension du mécanisme sous-jacent, un bilan diagnostique complet, et un traitement combiné médicamenteux et nutritionnel adapté à la forme histologique et à la sévérité clinique.
La bonne nouvelle : la grande majorité des chiens atteints de MICI peuvent obtenir une rémission clinique stable et durable. L'alimentation y joue un rôle central — souvent plus important que les médicaments sur le long terme. Un chien atteint de MICI correctement nourri avec un aliment diététique adapté, régulièrement suivi et dont les rechutes sont gérées rapidement, peut vivre confortablement pendant de nombreuses années.
Si votre chien présente des signes digestifs chroniques résistants aux traitements habituels, ne tardez pas à consulter pour un bilan complet. Plus la MICI est diagnostiquée tôt, meilleures sont les chances d'obtenir une rémission complète avant que des lésions muqueuses irréversibles ne s'installent.

