Un chat qui secoue la tête, se gratte une oreille avec insistance, ou dont le conduit auditif présente un dépôt sombre et malodorant — voilà des signes qui ne trompent pas. L'otite est une affection courante chez le chat, mais elle est souvent traitée comme un problème isolé alors qu'elle est presque toujours la manifestation d'une cause sous-jacente non identifiée.
C'est cette cause sous-jacente — parasitaire, allergique, infectieuse — qui détermine le traitement efficace et le pronostic à long terme. Traiter uniquement l'inflammation auriculaire sans s'attaquer à ce qui l'a déclenchée, c'est accepter de voir l'otite revenir quelques semaines plus tard. Et chez un chat qui fait des otites à répétition malgré des traitements bien conduits, une allergie alimentaire non diagnostiquée est souvent en cause.
Dans cet article, j'explique les causes des otites félines, comment les reconnaître, comment les traiter efficacement, et surtout comment identifier et corriger la cause primaire pour éviter les récidives.
Anatomie de l'oreille du chat et particularités félines
L'oreille du chat se compose de trois segments anatomiques distincts qui peuvent chacun être le siège d'une otite.
L'oreille externe comprend le pavillon auriculaire (pinna) et le conduit auditif externe, qui descend verticalement avant de se courber horizontalement vers le tympan. Cette forme en L est un facteur prédisposant aux otites : la chaleur et l'humidité naturellement présentes dans ce coude anatomique créent un environnement propice à la prolifération bactérienne et fongique.
L'oreille moyenne est constituée du tympan et de la caisse du tympan, qui contient les osselets de transmission du son. Une otite moyenne résulte généralement de la propagation d'une otite externe non traitée à travers un tympan perforé.
L'oreille interne contient les structures de l'équilibre (vestibule, canaux semi-circulaires) et de l'audition (cochlée). Une otite interne provoque des signes vestibulaires spectaculaires — tête penchée, roulis, nystagmus — qui nécessitent une prise en charge urgente.
Le chat présente deux particularités anatomiques qui influencent l'épidémiologie des otites félines. Ses pavillons auriculaires larges et dressés assurent une meilleure aération du conduit que chez les races canines à oreilles tombantes — ce qui explique que les otites sont globalement moins fréquentes chez le chat que chez le chien. En revanche, certaines races félines brachycéphales (Persan, Exotic Shorthair) présentent des conduits auditifs plus étroits qui réduisent cette aération naturelle.
Les différents types d'otites félines
Les otites sont classifiées selon leur localisation anatomique et leur évolution temporelle.
Otite externe
C'est la forme la plus fréquente. L'inflammation est limitée au conduit auditif externe, en avant du tympan. Elle se manifeste par un prurit auriculaire, un dépôt dans le conduit (noirâtre dans l'otacariose, jaunâtre à brunâtre dans les infections bactériennes, brunâtre à noirâtre et huileux dans les infections à Malassezia), et une odeur caractéristique. Elle est souvent unilatérale dans les formes parasitaires (otacariose) et plus volontiers bilatérale dans les formes allergiques ou infectieuses.
Otite moyenne
Elle résulte de la propagation d'une otite externe sévère ou chronique à travers un tympan perforé, ou d'une infection par voie nasopharyngée (trompe d'Eustache). Elle peut être silencieuse cliniquement ou se manifester par une douleur à l'ouverture de la bouche, un grattage de la zone péri-auriculaire, et parfois un syndrome de l'oreille moyenne avec tête penchée légère.
Otite interne
La plus grave des trois formes. L'inflammation atteint les structures de l'équilibre et/ou de l'audition. Elle provoque un syndrome vestibulaire spectaculaire — tête penchée persistante du côté de l'oreille atteinte, roulis (le chat roule sur lui-même), nystagmus (mouvements rythmiques involontaires des yeux), ataxie (démarche titubante). Ces signes nécessitent une consultation vétérinaire en urgence.
Otite aiguë vs chronique
Une otite aiguë est d'apparition récente (moins de 3 semaines) et répond généralement bien à un traitement adapté. Une otite chronique évolue depuis plusieurs semaines à plusieurs mois et s'accompagne souvent de modifications structurales du conduit (hyperplasie de l'épithélium, fibrose, calcification) qui réduisent l'efficacité des traitements topiques et peuvent nécessiter une intervention chirurgicale dans les cas les plus sévères.
Causes des otites félines
Comme pour la pyodermite, l'otite est presque toujours une affection secondaire. Identifier la cause primaire est la condition sine qua non pour éviter les récidives.
Otodectes cynotis : la gale des oreilles
L'otacariose à Otodectes cynotis est la cause la plus fréquente d'otite externe chez le chat, représentant environ 50 à 60 % des otites félines dans les foyers multi-chats. L'acarien Otodectes vit dans le conduit auditif externe où il se nourrit de sérosités et de cellules épithéliales, provoquant une irritation intense et la production d'un dépôt sombre et grumeleux caractéristique, souvent décrit comme du "marc de café". L'otacariose est hautement contagieuse entre chats (et vers le chien) par contact direct. Elle peut déclencher une réaction d'hypersensibilité chez certains chats particulièrement sensibles, avec un prurit disproportionné par rapport à l'infestation.
Malassezia pachydermatis : l'otite fongique
Le Malassezia pachydermatis est une levure naturellement présente en faible quantité dans le conduit auditif du chat. Sa prolifération pathologique — provoquée par un déséquilibre du microenvironnement auriculaire lié à une allergie, une humidité excessive ou une inflammation — génère une otite avec un dépôt brunâtre huileux, une odeur caractéristique de pain chaud ou de levure, et un prurit intense. L'otite à Malassezia est souvent bilatérale et fréquemment associée à une allergie alimentaire ou atopique sous-jacente qui modifie la composition de la flore auriculaire.
Infections bactériennes
Les otites bactériennes sont généralement secondaires à une inflammation auriculaire préexistante (allergie, Malassezia, corps étranger) qui crée un terrain propice à la colonisation bactérienne. Les bactéries les plus fréquemment impliquées chez le chat sont Staphylococcus pseudintermedius, Pseudomonas aeruginosa (particulièrement redoutable car souvent résistant à de nombreux antibiotiques) et Proteus mirabilis. L'otite bactérienne se distingue par un dépôt jaunâtre à verdâtre, purulent, et souvent une douleur auriculaire marquée.
Corps étrangers
Un épi d'herbe, une graine, un insecte ou toute autre particule qui pénètre dans le conduit auditif peut provoquer une otite aiguë unilatérale brutale, avec un prurit intense et unilatéral, parfois accompagné d'un secouement violent de la tête. Cette cause est fréquente chez les chats qui accèdent à l'extérieur, particulièrement en été et en automne.
Polypes naso-pharyngés
Les polypes naso-pharyngés sont des formations bénignes qui peuvent obstruer la trompe d'Eustache ou le conduit auditif externe, favorisant les otites récidivantes. Ils sont plus fréquents chez le jeune chat et peuvent s'accompagner de signes respiratoires (ronflement, éternuements, jetage nasal). Leur diagnostic nécessite un examen otoscopique et radiographique sous anesthésie.
Les allergies : première cause d'otites récidivantes
Chez un chat adulte présentant des otites récidivantes sans cause parasitaire identifiée, l'allergie est la piste à explorer en priorité. L'allergie alimentaire et la dermatite atopique environnementale provoquent une inflammation chronique de la muqueuse du conduit auditif qui modifie son microenvironnement, favorise la prolifération de Malassezia et des bactéries opportunistes, et entretient un prurit auriculaire qui aggrave mécaniquement l'inflammation par le grattage répété. Un chat allergique alimentaire peut présenter des otites à Malassezia récidivantes comme seule ou principale manifestation de son allergie — sans aucun signe cutané associé.
Symptômes : comment reconnaître une otite chez le chat
Les signes d'otite chez le chat sont variés et dépendent de la cause, de la localisation et de la sévérité de l'inflammation.
Signes comportementaux
Le grattage de l'oreille avec la patte postérieure est le signe le plus fréquent et souvent le premier observé. Il peut être intense et répété, laissant des excoriations autour du pavillon auriculaire et de la joue. Le secouement de la tête est caractéristique — le chat cherche à expulser mécaniquement ce qui gêne dans son oreille. Une sensibilité marquée de la zone auriculaire — le chat recule ou réagit quand on approche la main de son oreille — témoigne d'une douleur associée.
Un chat avec une otite sévère peut présenter une tête penchée du côté de l'oreille atteinte (signe de syndrome vestibulaire dans les otites moyennes ou internes), une perte d'appétit liée à la douleur à l'ouverture de la bouche (otite moyenne avec atteinte de la caisse du tympan), et une irritabilité accrue ou une modification du comportement.
Signes locaux
L'examen du conduit auditif révèle un dépôt caractéristique dont la couleur et la texture orientent vers la cause :
- Dépôt noirâtre, grumeleux, sec (marc de café) → otacariose à Otodectes cynotis
- Dépôt brunâtre, huileux, malodorant (odeur de levure) → infection à Malassezia
- Dépôt jaunâtre à verdâtre, purulent → infection bactérienne
- Dépôt minimal mais prurit intense → allergie (le prurit précède souvent l'infection secondaire)
L'érythème (rougeur) du pavillon auriculaire et de l'entrée du conduit, l'œdème des parois du conduit qui peut le rétrécir, et l'odeur auriculaire désagréable sont des signes locaux supplémentaires qui confirment l'inflammation.
⚠️ Consultation urgente si :
Consultez votre vétérinaire en urgence si votre chat présente : une tête penchée persistante, des yeux qui bougent de façon rythmique et involontaire (nystagmus), des difficultés à marcher droit ou des chutes (ataxie vestibulaire), une douleur intense à l'approche ou à l'ouverture de la bouche, ou un hématome auriculaire (pavillon gonflé, chaud, fluctuant). Ces signes indiquent une otite moyenne ou interne, ou une complication qui nécessite une prise en charge rapide.
Races félines prédisposées aux otites
Toutes les races peuvent développer une otite, mais certaines y sont plus exposées en raison de leur morphologie auriculaire, de leur susceptibilité allergique ou de leurs prédispositions immunitaires.
Les races brachycéphales — Persan, Exotic Shorthair, Himalayen — présentent des conduits auditifs plus étroits et moins bien ventilés que les races à crâne normal, ce qui favorise l'accumulation d'humidité et la prolifération de Malassezia. Les plis faciaux profonds de ces races créent également des zones de macération cutanée adjacentes aux conduits auditifs.
Les races à forte prédisposition allergique — Siamois et races orientales apparentées, Abyssin, Rex Devon, Rex Cornish — présentent une susceptibilité accrue aux otites récidivantes dans le cadre de leurs hypersensibilités cutanées (alimentaires ou environnementales). Chez ces races, l'otite est souvent la principale — voire la seule — manifestation externe visible de l'allergie.
Le Scottish Fold présente une particularité anatomique notable : ses pavillons repliés vers l'avant réduisent considérablement l'aération naturelle du conduit auditif, en faisant une race particulièrement prédisposée aux otites chroniques et aux accumulations de cérumen.
Les chats à oreilles nues comme le Sphynx produisent davantage de cérumen que les races à poil — leurs conduits auditifs sont moins protégés par le pelage — et accumulent des sécrétions noirâtres importantes qui nécessitent un nettoyage régulier pour éviter la surinfection.
Diagnostic vétérinaire de l'otite féline
Le diagnostic d'otite repose sur une démarche structurée qui vise à identifier non seulement l'infection ou l'inflammation présente, mais surtout la cause primaire qui l'a déclenchée.
Examen otoscopique
L'otoscopie — examen du conduit auditif et du tympan à l'aide d'un otoscope — est l'examen de première intention. Elle évalue la quantité et la nature du dépôt auriculaire, l'état de la paroi du conduit (érythème, œdème, hyperplasie, ulcérations), et l'intégrité du tympan. Chez un chat douloureux, l'otoscopie peut nécessiter une légère sédation pour être réalisée correctement et de façon complète.
Cytologie auriculaire
C'est l'examen complémentaire indispensable de toute otite. Un prélèvement de dépôt auriculaire est réalisé à l'aide d'un écouvillon, étalé sur lame, coloré et examiné au microscope. La cytologie permet d'identifier les agents en cause : acariens Otodectes (visibles à l'œil nu ou au microscope), levures Malassezia (levures en forme de "patte d'ours" caractéristiques), bactéries (cocci ou bâtonnets), et le type de réaction inflammatoire associée. Elle est indispensable pour orienter le traitement.
Culture et antibiogramme
En cas d'otite bactérienne sévère, récidivante ou ne répondant pas au traitement initial, une culture bactérienne avec antibiogramme est nécessaire pour identifier précisément la bactérie responsable et sa sensibilité aux antibiotiques. Elle est indispensable en cas de suspicion de Pseudomonas aeruginosa — dont les résistances aux antibiotiques courants sont fréquentes — et permet d'éviter une antibiothérapie aveugle inefficace.
Recherche de la cause primaire
Pour toute otite récidivante, la recherche de la cause primaire est indispensable. Elle comprend un bilan parasitaire complet (traitement antiparasitaire d'épreuve si otacariose suspectée, raclages cutanés si démodécie), une évaluation allergologique (régime d'éviction alimentaire de 8 à 10 semaines si allergie alimentaire suspectée, tests intradermiques pour l'atopie environnementale), et une recherche de polypes naso-pharyngés sous anesthésie si les otites sont récidivantes chez un jeune chat.
Traitements des otites félines
La prise en charge de l'otite associe le traitement de la cause primaire, le nettoyage du conduit auditif, et le traitement de l'infection ou de l'inflammation présente.
Nettoyage du conduit auditif
C'est la première étape indispensable. Un conduit rempli de dépôt ne peut pas être traité efficacement : le médicament auriculaire ne peut pas atteindre la muqueuse cible à travers un bouchon de cérumen ou de pus. Le vétérinaire procède à un nettoyage sous otoscopie avec une solution auriculaire adaptée (ceruminolytique ou antiseptique). À domicile, le nettoyage de maintenance peut être réalisé avec une solution auriculaire vétérinaire adaptée — jamais avec des cotons-tiges qui poussent les sécrétions vers le fond du conduit.
Traitement antiparasitaire (otacariose)
L'otacariose à Otodectes est traitée par des antiparasitaires spécifiques : soit des pipettes spot-on à base de sélamectine, moxidectine ou fluralaner, soit des gouttes auriculaires acaricides. Le traitement doit impérativement être appliqué à tous les animaux du foyer (chats et chiens) simultanément, même ceux ne présentant pas de signes — Otodectes peut infester un animal sans provoquer de symptômes visibles et constitue un réservoir de réinfestation. La durée du traitement est d'au moins 3 semaines.
Traitement antifongique (Malassezia)
Les otites à Malassezia sont traitées par des gouttes auriculaires à base d'azolés (miconazole, kétoconazole, clotrimazole) en application locale, généralement sur 2 à 3 semaines. Dans les formes sévères ou récidivantes, un traitement systémique par itraconazole peut être nécessaire. Le traitement de la cause primaire (allergie, humidité) est indispensable pour éviter les récidives.
Traitement antibiotique (infections bactériennes)
Les otites bactériennes sont traitées par des gouttes auriculaires antibiotiques (fluoroquinolones, polymyxine B, néomycine selon l'antibiogramme) en application locale. En cas d'otite moyenne ou d'infection sévère, un traitement systémique associé peut être nécessaire. La durée minimale est de 3 semaines pour une otite externe bactérienne, et de 4 à 6 semaines pour une otite moyenne.
Traitement anti-inflammatoire
Les corticoïdes locaux (en association dans la plupart des gouttes auriculaires polyvalentes) réduisent l'inflammation et l'œdème du conduit, améliorent le prurit et facilitent la pénétration des autres principes actifs. Dans les otites allergiques avec prurit auriculaire intense, un traitement anti-prurigineux systémique (oclacitinib, ciclosporine) peut être prescrit pour réduire le grattage auto-traumatique qui aggrave l'inflammation.
Traitement chirurgical
Réservé aux otites chroniques sévères avec modifications structurales irréversibles du conduit (hyperplasie marquée, fibrose, calcification) qui ne répondent plus aux traitements médicaux. L'ablation totale du conduit auditif externe (TECA — Total Ear Canal Ablation) associée à une ostéotomie bulleuse permet de supprimer le conduit malade et d'éliminer définitivement l'infection. Cette intervention majeure est réservée aux cas extrêmes non répondeurs.
Otites récidivantes : le rôle de l'allergie alimentaire
Un chat qui fait des otites à répétition — deux épisodes ou plus par an, ou une otite qui revient dans les 6 semaines suivant l'arrêt du traitement — a presque toujours une cause primaire non traitée. Et dans une proportion significative de ces cas, cette cause est une allergie alimentaire.
Comment l'allergie alimentaire provoque-t-elle des otites ?
Le mécanisme est indirect mais puissant. Une allergie alimentaire non diagnostiquée génère une inflammation chronique de la muqueuse du conduit auditif — la même inflammation qui affecte simultanément la peau et l'intestin. Cette inflammation auriculaire chronique produit trois effets cumulatifs qui favorisent les otites :
Elle altère la composition du microenvironnement auriculaire : le pH, la composition lipidique et la flore naturelle du conduit changent sous l'effet de l'inflammation, créant des conditions favorables à la prolifération de Malassezia et des bactéries opportunistes.
Elle provoque un prurit auriculaire qui pousse le chat à se gratter l'oreille avec sa patte postérieure. Ce grattage répété traumatise mécaniquement la muqueuse du conduit, crée des micro-lésions par lesquelles les agents infectieux peuvent s'introduire plus profondément, et entretient l'inflammation.
Elle réduit les défenses immunitaires locales de la muqueuse auriculaire, rendant le conduit plus vulnérable aux surinfections secondaires même en présence d'agents pathogènes en quantité habituellement non pathogène.
Profil du chat dont les otites sont d'origine allergique
Plusieurs éléments cliniques orientent vers une cause allergique alimentaire derrière des otites récidivantes :
- Otites bilatérales — l'otacariose est souvent unilatérale ou asymétrique ; l'allergie provoque généralement une inflammation bilatérale
- Récidives rapides après traitement — retour de l'otite moins de 6 semaines après l'arrêt des gouttes
- Otites toute l'année, sans saisonnalité marquée — les otites atopiques peuvent être saisonnières ; les otites alimentaires ne le sont pas
- Prurit associé au-delà des oreilles — tête, cou, ventre — pattern topographique évocateur d'allergie alimentaire
- Absence d'Otodectes à la cytologie et réponse incomplète aux antiparasitaires
- Association avec d'autres signes digestifs — vomissements chroniques, selles molles intermittentes
Le régime d'éviction : la solution diagnostique et thérapeutique
Dès lors qu'une allergie alimentaire est suspectée comme cause primaire d'otites récidivantes, un régime d'éviction alimentaire strict de 8 à 10 semaines minimum doit être mis en place. Si les otites cessent de récidiver pendant le régime et si la muqueuse auriculaire retrouve un aspect normal sans infection secondaire, la composante allergique alimentaire est confirmée. L'adaptation définitive de l'alimentation suffit alors dans la grande majorité des cas à prévenir toute nouvelle récidive.
FUNGFEED chat : traiter la cause allergique alimentaire des otites récidivantes
Pour les chats présentant des otites récidivantes dont la composante allergique alimentaire est suspectée, les croquettes FUNGFEED pour chat constituent une option de premier choix pour conduire le régime d'éviction et traiter durablement la cause primaire.
🔬 Pourquoi FUNGFEED chat dans la prise en charge des otites récidivantes ?
Novel protein absolument inédite — Tenebrio molitor
Le ver de farine est absent de la quasi-totalité des alimentations industrielles félines. Bœuf, poulet, thon, saumon, agneau — les allergènes félins les plus fréquents, souvent impliqués dans les otites à Malassezia récidivantes — sont totalement absents de la formulation. Pour la grande majorité des chats, le Tenebrio molitor est une protéine vierge pour le système immunitaire, ce qui en fait une option idéale pour conduire un régime d'éviction diagnostique chez un chat présentant des otites récidivantes sans cause parasitaire identifiée.
Aliment diététique réglementaire (directive 2008/38/CE)
FUNGFEED bénéficie du statut d'aliment diététique réglementaire pour l'indication "réduction des intolérances aux ingrédients et aux nutriments". Ce statut garantit une formulation contrôlée et une composition fiable — deux conditions indispensables pour la validité d'un régime d'éviction diagnostique.
Recette strictement mono-protéique
Une seule source de protéine animale : le Tenebrio molitor. Pas de poisson caché, pas de poulet en arôme, pas de sous-produit animal d'une autre espèce. Cette composition simple et transparente garantit l'absence de tout allergène potentiellement responsable des otites récidivantes.
Ratio oméga-6/oméga-3 de 3,3 — réduction de l'inflammation auriculaire
Un ratio oméga-6/oméga-3 bas réduit la production de médiateurs pro-inflammatoires dans les muqueuses — y compris la muqueuse du conduit auditif. Un apport optimal en oméga-3 contribue à apaiser l'inflammation auriculaire chronique d'origine allergique qui crée le terrain propice aux otites récidivantes.
Profil nutritionnel adapté au carnivore strict
RPC = 104 g/Mcal, RPP = 54, protéines brutes = 40 %, glucides = 24,5 %, phosphore = 0,74 %, taurine garantie. Un équilibre nutritionnel complet qui peut être maintenu sur toute la durée du protocole (8 à 10 semaines) et au-delà, si l'allergie alimentaire est confirmée et que FUNGFEED devient l'alimentation permanente.
Phosphore contrôlé (0,74 %) — santé rénale féline
Le chat est une espèce très prédisposée à l'insuffisance rénale chronique. Un phosphore alimentaire inférieur à 0,8 % est recommandé chez le chat adulte, et particulièrement important chez le chat de plus de 7 ans. À 0,74 %, FUNGFEED chat se positionne favorablement sur ce critère, permettant une utilisation long terme sans risque de surcharge phosphorée rénale.
Prébiotiques FOS, MOS et artichaut
Les prébiotiques soutiennent l'équilibre du microbiote intestinal et la modulation immunitaire systémique — un axe intestin-peau-muqueuses de plus en plus reconnu dans la physiopathologie des affections allergiques. L'artichaut contribue au confort urinaire, point important chez une espèce prédisposée aux troubles du bas appareil urinaire félin (FLUTD).
Prévention et entretien des oreilles du chat
La prévention des otites repose sur trois piliers : traiter la cause primaire, maintenir une hygiène auriculaire adaptée, et surveiller régulièrement les oreilles pour détecter les signes précoces d'inflammation.
Nettoyage préventif des oreilles
Pour les chats sains sans antécédent d'otite, un nettoyage auriculaire mensuel avec une solution vétérinaire adaptée suffit généralement à éliminer l'accumulation normale de cérumen. Pour les chats prédisposés (Persan, Exotic Shorthair, Sphynx, Scottish Fold, chats allergiques), un nettoyage plus fréquent — hebdomadaire à bimensuel — peut être nécessaire.
La technique correcte : instiller quelques gouttes de solution auriculaire dans le conduit, masser doucement la base de l'oreille pendant 30 secondes (on entend un son caractéristique de liquide qui circule), puis laisser le chat secouer la tête pour expulser les sécrétions ramollies. Essuyer délicatement le pavillon auriculaire et l'entrée du conduit avec une compresse propre — jamais de coton-tige, jamais de produit non vétérinaire.
Traitement antiparasitaire continu
Un antiparasitaire efficace contre Otodectes, administré régulièrement à tous les animaux du foyer, est indispensable pour les chats vivant en foyer multi-chats ou ayant accès à l'extérieur. Il prévient les réinfestations par otacariose, première cause d'otite féline.
Surveillance régulière
Un examen hebdomadaire des oreilles — observation visuelle du pavillon, détection d'une odeur inhabituelle, évaluation de la sensibilité à l'approche — permet de détecter précocement les signes d'otite débutante. Une otite traitée à un stade précoce guérit plus rapidement et avec moins de risques de complications (otite moyenne, modifications chroniques du conduit) qu'une otite laissée sans traitement plusieurs semaines.
Séchage après bain
Si votre chat est baigné (ce qui reste exceptionnel pour la majorité des chats), séchez soigneusement les pavillons auriculaires et instillez quelques gouttes de solution séchante dans le conduit auditif après le bain pour prévenir l'accumulation d'humidité propice aux otites.
FAQ — Questions fréquentes sur les otites chez le chat
Mon chat se gratte une seule oreille depuis quelques jours. Dois-je consulter ?
Un grattage unilatéral d'apparition récente évoque en premier lieu une otacariose ou un corps étranger (épi d'herbe, insecte) — deux causes qui nécessitent un examen vétérinaire pour confirmer et traiter correctement. Si le grattage est peu intense et sans autres signes associés, une consultation dans les 2 à 3 jours est appropriée. Si le chat présente une douleur intense, un secouement violent de la tête, ou si vous observez un pavillon auriculaire gonflé (hématome auriculaire), consultez en urgence.
Puis-je nettoyer les oreilles de mon chat avec des cotons-tiges ?
Non. Les cotons-tiges poussent les sécrétions vers le fond du conduit auditif plutôt que de les éliminer, et peuvent traumatiser la muqueuse délicate du conduit. Utilisez exclusivement une solution auriculaire vétérinaire adaptée, instillée directement dans le conduit, suivie d'un massage à la base de l'oreille et d'un essuyage du pavillon avec une compresse. En cas de doute sur la technique, votre vétérinaire peut vous montrer le geste correct lors d'une consultation.
Mon chat a un dépôt noirâtre dans les deux oreilles. Est-ce forcément des acariens ?
Un dépôt noirâtre et grumeleux bilatéral est effectivement très évocateur d'otacariose à Otodectes — mais ce n'est pas la seule cause possible. Une infection à Malassezia peut également produire un dépôt sombre et huileux. Seule une cytologie auriculaire réalisée par votre vétérinaire permet de distinguer ces deux causes et d'orienter le traitement correct. Ne traitez pas sans diagnostic — les traitements sont différents selon la cause.
Mon chat fait des otites depuis 2 ans malgré les traitements. Que faire ?
Des otites récidivantes depuis 2 ans malgré des traitements bien conduits indiquent avec certitude qu'une cause primaire n'a pas été identifiée ni traitée. La démarche correcte est : cytologie auriculaire à chaque épisode pour identifier les agents en cause, culture avec antibiogramme si une résistance bactérienne est suspectée, bilan allergoloqique complet incluant un régime d'éviction alimentaire de 8 à 10 semaines, recherche de polypes naso-pharyngés sous anesthésie, et évaluation de la nécessité d'un traitement chirurgical si des modifications chroniques irréversibles du conduit sont présentes. Une consultation chez un dermatologue vétérinaire ou un interniste peut apporter une expertise complémentaire dans les cas résistants.
Les otites sont-elles douloureuses pour le chat ?
Oui, dans la majorité des cas. L'inflammation auriculaire génère une douleur et un prurit souvent intenses. Un chat avec une otite peut paraître agité, irritable, mangera moins bien (la douleur à l'ouverture de la bouche dans les otites moyennes réduit l'appétit), et réagira de façon défensive quand on approche la zone auriculaire. La douleur est l'une des raisons pour lesquelles la consultation vétérinaire rapide est importante — un traitement adapté soulage rapidement la douleur et améliore significativement le bien-être de l'animal.
L'hématome auriculaire de mon chat nécessite-t-il une opération ?
L'hématome auriculaire — accumulation de sang entre la face interne du cartilage et la peau du pavillon, provoquant un gonflement chaud et fluctuant — est une complication fréquente du grattage intense lié à une otite. Sans traitement, il se résorbe spontanément mais laisse une déformation permanente en "chou-fleur" du pavillon. Le traitement de référence est le drainage chirurgical sous anesthésie, suivi d'une suture maintenant les plans tissulaires en contact pour éviter la réaccumulation. Dans tous les cas, la cause de l'otite sous-jacente doit être traitée simultanément pour éviter que le chat ne se gratte à nouveau et provoque une récidive de l'hématome.
Conclusion
L'otite chez le chat est rarement un problème isolé. Dans la grande majorité des cas, elle est le signal d'une cause primaire non traitée — parasite, allergie, corps étranger — qui entretient l'inflammation auriculaire et crée un terrain favorable aux surinfections secondaires. Traiter l'infection sans chercher cette cause primaire, c'est s'engager dans un cycle de rechutes sans fin.
Pour un chat qui fait des otites à répétition malgré des traitements bien conduits et une protection antiparasitaire rigoureuse, l'allergie alimentaire est la piste à explorer en priorité. Un régime d'éviction alimentaire de 8 à 10 semaines avec un aliment à novel protein véritablement inédite peut transformer des années d'otites récidivantes en une rémission durable — à condition d'être conduit rigoureusement, en tenant compte des particularités félines que sont la néophobie alimentaire et le risque de lipidose hépatique.
La santé auriculaire de votre chat commence dans sa gamelle bien plus souvent qu'on ne le pense.

