Votre chien secoue la tête, se gratte une oreille, dégage une odeur désagréable de l'oreille, ou penche la tête d'un côté ? Ces signes, isolés ou combinés, évoquent une otite du chien — l'une des pathologies les plus fréquemment rencontrées en consultation vétérinaire, représentant entre 10 et 20% des motifs de consultation dermatologique.
Ce qui inquiète davantage que l'otite ponctuelle, c'est l'otite à répétition : l'oreille qui guérit, puis rechute quelques semaines plus tard, encore et encore, malgré les traitements. Ce schéma récidivant signale presque toujours une cause sous-jacente non traitée — et c'est là que la prise en charge doit changer d'approche.
Dans ce guide vétérinaire complet, le Dr Tatiana Pradel vous explique les causes des otites chez le chien, comment les reconnaître, les traiter, et surtout comment briser le cycle des récidives — notamment grâce au rôle souvent décisif de l'alimentation hypoallergénique.
Qu'est-ce qu'une otite chez le chien ?
L'otite est une inflammation du conduit auditif du chien. Selon la zone atteinte, on distingue :
- L'otite externe — la plus fréquente : inflammation du conduit auditif externe, entre le pavillon et le tympan. C'est celle que les propriétaires détectent le plus facilement ;
- L'otite moyenne — inflammation de l'oreille moyenne, souvent secondaire à une otite externe non traitée qui perfore le tympan ;
- L'otite interne — la plus grave : atteinte de l'oreille interne, pouvant provoquer des troubles de l'équilibre, un syndrome vestibulaire, et des séquelles neurologiques.
Dans la très grande majorité des cas, c'est l'otite externe qui est en cause — et c'est elle qui, si elle récidive, doit alerter sur la nécessité d'identifier et traiter la cause primaire.
Pourquoi mon chien fait-il des otites à répétition ? Les causes primaires
Une otite ponctuelle peut survenir chez n'importe quel chien. Mais des otites récidivantes signifient presque toujours qu'une cause primaire entretient l'inflammation et fragilise le conduit auditif de façon chronique. Identifier et traiter cette cause est la seule façon de briser le cycle.
1. L'allergie — la cause primaire N°1 des otites récidivantes
L'allergie est de loin la cause la plus fréquente des otites chroniques et récidivantes chez le chien. Elle peut être de deux natures :
L'allergie environnementale (atopie) : le chien réagit à des allergènes de l'environnement — acariens, pollens, moisissures, squames humaines. L'atopie est une maladie chronique qui provoque une inflammation systémique de la peau, dont le conduit auditif est une extension. Le chien atopique présente souvent des otites bilatérales (les deux oreilles), associées à d'autres signes cutanés : prurit des pattes, des aisselles, du ventre, du périnée.
L'allergie alimentaire : le chien réagit à une protéine contenue dans son alimentation — le plus souvent bœuf, produits laitiers, poulet, œuf ou blé. L'allergie alimentaire peut se manifester exclusivement par des otites récidivantes, sans aucun autre signe digestif ou cutané associé. C'est pour cette raison qu'elle est souvent sous-estimée et diagnostiquée tardivement. Dans les cas d'otites chroniques chez le chien, une composante alimentaire doit toujours être évoquée.
2. La morphologie des oreilles
Certaines conformations anatomiques prédisposent aux otites en créant un environnement chaud, humide et peu aéré dans le conduit auditif :
- Oreilles tombantes (pendantes) : Cocker Spaniel, Basset Hound, Labrador, Golden Retriever — le pavillon recouvre l'entrée du conduit et limite la circulation d'air ;
- Conduit auditif étroit : Shar Pei, Chow-Chow, bouledogues ;
- Poils dans le conduit auditif : Caniche, Bichon, Maltais — les poils retiennent l'humidité et les débris.
Ces facteurs anatomiques favorisent les otites mais ne les causent pas seuls — ils agissent comme facteurs prédisposants qui amplifient l'impact des causes primaires.
3. Les corps étrangers
Les épillets (barbes d'herbes sauvages) sont la principale cause de corps étranger dans le conduit auditif du chien, surtout en été et en automne après une balade en campagne. Leur forme en flèche leur permet de progresser dans le conduit sans pouvoir ressortir spontanément. L'otite est alors généralement unilatérale, d'apparition brutale, avec un prurit intense et une douleur marquée.
4. Les parasites
Otodectes cynotis (gale auriculaire) est un acarien qui colonise le conduit auditif du chien et du chat. L'otite parasitaire est caractérisée par un cérumen très abondant, brun-noirâtre, et un prurit intense. Elle est plus fréquente chez les jeunes animaux et se transmet facilement entre congénères vivant au même foyer. Un traitement antiparasitaire ciblé résout le problème, mais la récidive est possible en cas de réinfestation.
5. L'humidité et les bains fréquents
L'eau qui s'accumule dans le conduit auditif après un bain, une baignade ou un grooming crée un milieu favorable à la prolifération bactérienne et fongique. Les chiens qui nagent régulièrement ou qui sont toilettés souvent sont davantage exposés. C'est un facteur favorisant qui amplifie d'autres causes primaires plutôt qu'une cause à lui seul.
6. Les maladies hormonales
L'hypothyroïdie et le syndrome de Cushing (hypercorticisme) modifient la qualité du sébum produit par les glandes du conduit auditif et perturbent l'immunité locale. Ces maladies endocriniennes sont des causes sous-jacentes à évoquer chez les chiens d'âge moyen ou senior qui font des otites récidivantes résistantes aux traitements locaux.
Les causes secondaires : bactéries et champignons
Dans la quasi-totalité des otites, des micro-organismes colonisent secondairement le conduit auditif fragilisé et entretiennent l'inflammation. Ce sont ces germes qui sont responsables des signes cliniques les plus visibles — l'odeur, les sécrétions, la douleur — mais ils ne sont jamais la cause primaire de l'otite.
- Malassezia pachydermatis : levure (champignon) naturellement présente en faible quantité dans le conduit auditif, qui prolifère de façon pathologique en cas d'inflammation. L'otite à Malassezia produit un cérumen brunâtre à noirâtre avec une odeur caractéristique de levain ou de fromage. Très fréquente chez les chiens allergiques.
- Bactéries : Staphylococcus pseudintermedius, Pseudomonas aeruginosa, Proteus mirabilis… Les surinfections bactériennes produisent des sécrétions purulentes, jaunâtres ou verdâtres. Pseudomonas est particulièrement redouté car souvent résistant aux antibiotiques et associé aux otites chroniques sévères.
Traiter les germes sans traiter la cause primaire — allergie, hypothyroïdie, parasites — conduit inévitablement à la récidive. C'est le cercle vicieux des otites chroniques.
Symptômes de l'otite chez le chien : comment reconnaître une otite ?
Les signes d'une otite chez le chien sont en général facilement identifiables :
- Secouements fréquents de la tête — signe cardinal de gêne ou de douleur auriculaire ;
- Grattage d'une oreille ou des deux avec la patte ;
- Inclinaison ou port de tête de côté (head tilt) — évoque une atteinte plus profonde ;
- Odeur désagréable provenant de l'oreille — souvent décrite comme aigre, levurée ou putride selon le germe en cause ;
- Sécrétions visibles à l'entrée du conduit : cireuses, brunes, jaunâtres ou verdâtres selon l'étiologie ;
- Rougeur et gonflement du pavillon auriculaire et du conduit visible ;
- Douleur à la manipulation de l'oreille — le chien fuit ou grogne lorsqu'on approche la tête ;
- Frottement de l'oreille contre les meubles ou le sol ;
- Otohématome — collection de sang dans le pavillon, secondaire aux secouements répétés.
En cas d'otite moyenne ou interne, des signes neurologiques peuvent s'ajouter : nystagmus (mouvement oscillatoire des yeux), ataxie (démarche ébrieuse), paralysie faciale, surdité.
Races de chiens prédisposées aux otites
Toutes les races peuvent développer une otite, mais certaines y sont structurellement ou génétiquement prédisposées :
- Cocker Spaniel — oreilles tombantes, conduit humide, prédisposition atopique fréquente ;
- Basset Hound — oreilles très longues, aération minimale du conduit ;
- Labrador et Golden Retriever — oreilles tombantes, amateurs de natation ;
- Caniche et Bichon — poils dans le conduit, terrain atopique fréquent ;
- Shar Pei — conduit auditif très étroit par conformation ;
- West Highland White Terrier (Westie) — fort terrain atopique avec prédisposition aux otites allergiques ;
- Bouledogue Français et Anglais — conformation céphalique, immunité particulière.
Diagnostic vétérinaire de l'otite
Le diagnostic de l'otite repose sur l'otoscopie (examen du conduit auditif à l'aide d'un otoscope) et sur l'analyse cytologique du cérumen (examen microscopique des sécrétions). Ces deux examens permettent d'identifier les germes en cause — bactéries, levures, ou les deux — et d'orienter le traitement local vers le bon actif.
En cas d'otite récidivante ou résistante, votre vétérinaire peut également prescrire :
- Une culture bactérienne avec antibiogramme — indispensable en cas de suspicion de résistance aux antibiotiques, notamment face à Pseudomonas ;
- Un bilan hormonal (thyroïde, cortisol) pour éliminer une maladie endocrinienne sous-jacente ;
- Un bilan allergologique ou la mise en place d'un régime d'éviction alimentaire pour identifier une composante allergique.
L'otoscopie sous anesthésie générale peut être nécessaire pour explorer en profondeur le conduit en cas de sténose (rétrécissement), de proliférations ou de suspicion d'otite moyenne.
Traitement de l'otite chez le chien
Le nettoyage auriculaire
Le nettoyage du conduit auditif est la première étape du traitement. Il élimine les sécrétions, le cérumen en excès et les débris cellulaires qui constituent un milieu de culture idéal pour les germes. Il améliore aussi l'efficacité des traitements locaux en leur permettant d'atteindre la muqueuse.
Le nettoyage doit être réalisé avec un nettoyant auriculaire vétérinaire adapté — jamais avec du sérum physiologique ni du coton-tige. La technique correcte consiste à instiller le produit dans le conduit, masser la base de l'oreille pour le faire pénétrer, puis laisser le chien secouer la tête pour expulser les débris.
Les traitements locaux
Les gouttes auriculaires vétérinaires constituent le traitement de première intention des otites externes. Selon la composition, elles peuvent associer :
- Un antifongique (miconazole, clotrimazole…) contre Malassezia ;
- Un antibiotique (gentamicine, polymyxine B, acide fusidique…) contre les bactéries ;
- Un corticoïde (prednisolone, dexaméthasone…) pour réduire l'inflammation et le prurit ;
- Des agents céruménolytiques pour fluidifier et éliminer le cérumen épaissi.
La durée du traitement est en général de 7 à 14 jours. Il est impératif de suivre l'intégralité du traitement même si les symptômes s'améliorent rapidement.
Les traitements généraux
Dans les formes sévères ou étendues, des traitements systémiques peuvent être nécessaires :
- Antibiotiques par voie orale — en cas de surinfection bactérienne importante ou de suspicion d'otite moyenne ;
- Anti-inflammatoires (AINS ou corticoïdes) — pour réduire l'inflammation et la douleur ;
- Antifongiques systémiques — dans les cas d'otomycose sévère réfractaire.
La chirurgie
En cas d'otite chronique sévère avec sténose (fermeture progressive) du conduit auditif ou de proliférations calcifiées, le traitement médical ne suffit plus. La chirurgie — ablation totale du conduit auditif (TECA) — peut alors être la seule solution pour soulager définitivement le chien. C'est une intervention lourde qui représente l'échec de la prise en charge médicale — d'où l'importance de traiter la cause primaire avant d'en arriver là.
Otites récidivantes chez le chien : le rôle de l'alimentation
C'est le point le plus souvent négligé dans la prise en charge des otites chroniques. Pourtant, lorsqu'un chien fait des otites à répétition — malgré des traitements locaux bien conduits, sans corps étranger, sans hypothyroïdie, avec un entretien auriculaire régulier — une allergie alimentaire doit être systématiquement évoquée.
Les études dermatologiques vétérinaires montrent qu'environ 25 à 50% des chiens atteints d'otites récidivantes présentent une composante allergique alimentaire — et que l'otite peut parfois être le seul signe clinique visible de cette allergie. Le propriétaire ne constate ni démangeaisons généralisées, ni troubles digestifs : juste des otites à répétition, encore et encore.
Mécanisme : comment une allergie alimentaire provoque-t-elle des otites ?
Le conduit auditif est tapissé d'une muqueuse cutanée directement connectée à l'immunité systémique. Lorsque le système immunitaire est activé par un allergène alimentaire (une protéine reconnue à tort comme un danger), la réponse inflammatoire se diffuse à l'ensemble des surfaces cutanées — dont la peau des oreilles. L'inflammation locale modifie le microenvironnement du conduit : chaleur, hypersécrétion cérumineuse, modification du pH — autant de conditions qui favorisent la prolifération de Malassezia ou de bactéries. C'est l'allergie qui crée le terrain, les germes qui exploitent ce terrain.
Le régime d'éviction : seul outil diagnostique valide
Le diagnostic d'allergie alimentaire ne peut pas être posé par une prise de sang ou un test cutané chez le chien — contrairement à ce que proposent certains laboratoires. La seule méthode validée est le régime d'éviction alimentaire strict : nourrir le chien pendant 8 semaines minimum avec un aliment contenant une novel protein — une source de protéines animales qu'il n'a jamais consommée — et observer si les symptômes s'améliorent.
Le régime doit être exclusif et total : aucune friandise, aucun médicament aromatisé à la viande, aucun complément contenant une protéine animale autre que celle de l'aliment principal. La moindre source d'allergène suffit à invalider le test sur la durée.
Quel aliment choisir pour un régime d'éviction chez un chien avec otites récidivantes ?
Le choix de la novel protein est déterminant. Pour la grande majorité des chiens adultes nourris toute leur vie aux croquettes industrielles standard (poulet, bœuf, agneau, poisson), ces protéines ne peuvent pas servir de base au régime d'éviction — même dans un aliment étiqueté « hypoallergénique ». Elles ont déjà sensibilisé le système immunitaire.
Il faut trouver une protéine que le chien n'a jamais rencontrée dans son alimentation. C'est là que les croquettes FUNGFEED pour chien présentent un intérêt clinique majeur.
🐾 Croquettes FUNGFEED Chien : notre recommandation pour les otites récidivantes d'origine allergique
FUNGFEED est une marque française bretonne spécialisée dans les aliments diététiques à base d'insectes pour chiens et chats. Ses croquettes pour chien sont formulées autour d'une seule source de protéines animales : la larve de Tenebrio molitor (ver de farine).
C'est précisément cette caractéristique qui en fait un outil de choix pour le régime d'éviction du chien souffrant d'otites récidivantes d'origine allergique :
- Novel protein absolument vierge : le ver de farine est une espèce que le système immunitaire du chien domestique n'a jamais rencontrée via une alimentation industrielle. Aucun anticorps mémoire ne peut donc déclencher de réaction allergique croisée ;
- Recette strictement mono-protéique : une seule source de protéines animales dans la composition, ce qui garantit la rigueur du protocole d'éviction ;
- Aliment diététique réglementaire conforme à la directive 2008/38/CE — indication clinique officielle : « réduction des intolérances à certains ingrédients et nutriments » ;
- RPC = 94 (Ratio Protéines-Calories) et RPP = 49 (Rapport Protido-Phosphorique) : profil nutritionnel compatible avec les besoins d'entretien du chien adulte ;
- Tapioca comme source de glucides : digeste, peu allergène, absent des allergènes alimentaires documentés chez le chien ;
- Ratio oméga-6/oméga-3 optimisé grâce à l'huile de colza et aux graines de lin — propriétés anti-inflammatoires bénéfiques pour la peau et les surfaces muqueuses, dont le conduit auditif ;
- 100% fabriqué en France, disponible sans ordonnance.
Dans le cadre d'un protocole d'éviction pour otites récidivantes suspectées d'être d'origine allergique alimentaire, les croquettes FUNGFEED s'utilisent en alimentation exclusive pendant 8 semaines minimum, sans aucun autre apport protéique animal. Si les otites s'espacent ou disparaissent durant cette période, la réintroduction séquentielle des anciens aliments permet d'identifier précisément le ou les allergènes en cause.
Prévention des otites chez le chien : les bons gestes au quotidien
L'entretien auriculaire régulier
Un nettoyage préventif des oreilles régulier est indispensable chez les chiens prédisposés aux otites. La fréquence dépend du profil de l'animal :
- 1 fois par semaine chez les chiens à oreilles tombantes ou à poils dans le conduit ;
- Systématiquement après chaque bain ou baignade ;
- 1 fois toutes les 2 à 4 semaines chez les chiens sans prédisposition particulière, à titre préventif.
Utilisez exclusivement un nettoyant auriculaire vétérinaire adapté — jamais de sérum physiologique (trop aqueux, entretient l'humidité), jamais de coton-tige (pousse les débris vers la profondeur et risque de lésion tympanique).
L'entretien des poils dans le conduit
Chez les races à poils dans le conduit (Caniche, Bichon, Westie, etc.), l'épilation régulière des poils de l'oreille par le toiletteur ou le vétérinaire limite l'accumulation d'humidité et de débris. Cette pratique est toutefois à modérer chez les chiens présentant une inflammation active — elle peut aggraver l'irritation en cas d'otite en cours.
La protection lors des bains et de la natation
Placez des tampons de coton à l'entrée des conduits auditifs lors des bains. Après chaque baignade, effectuez un nettoyage préventif avec le nettoyant auriculaire vétérinaire habituel. Évitez de diriger le jet de la douche directement vers les oreilles.
La surveillance régulière
Prenez l'habitude d'inspecter les oreilles de votre chien au moins une fois par semaine — idéalement à chaque brossage. Regardez l'aspect et la couleur du cérumen visible, humez légèrement l'oreille (une odeur inhabituelle doit alerter), et observez le comportement de votre chien (secouements de tête, grattage). Une détection précoce permet de traiter l'otite à un stade peu avancé et d'éviter la chronicisation.
Le traitement des maladies sous-jacentes
Si votre chien est atopique, suivez le traitement de désensibilisation ou d'immunomodulation prescrit par votre vétérinaire dermatologue. Une atopie bien contrôlée réduit considérablement la fréquence des poussées otitiques. De même, un hypothyroïdie ou un Cushing correctement traités permettent souvent de résoudre les otites récidivantes qui y sont associées.
Idées reçues sur les otites du chien
« Mon chien fait des otites parce qu'il se baigne trop »
L'humidité est un facteur favorisant, pas une cause primaire. Un chien sain dont les oreilles sont correctement entretenues après chaque baignade ne fera pas d'otites chroniques. Si votre chien nageur fait des otites à répétition, l'humidité amplifie probablement une cause primaire — allergie, hypothyroïdie — qu'il faut identifier et traiter.
« Les otites, c'est normal pour les chiens à oreilles tombantes »
Non. La morphologie des oreilles est un facteur prédisposant, pas une fatalité. Un Cocker Spaniel dont l'allergie est bien contrôlée et dont les oreilles sont correctement entretenues peut passer des années sans otite. La prédisposition anatomique justifie une vigilance accrue et un entretien plus fréquent — pas la résignation.
« Les otites se traitent toujours avec des gouttes »
Les gouttes auriculaires traitent les agents secondaires (levures, bactéries) et réduisent l'inflammation locale. Elles sont indispensables mais ne traitent pas la cause primaire. Sans identification et traitement de la cause — allergie, parasites, corps étranger, maladie endocrinienne — l'otite reviendra inexorablement dès l'arrêt du traitement local.
« Un test sanguin peut identifier les allergènes de mon chien »
Non. Les tests sérologiques d'allergie alimentaire (dosage des IgE sériques spécifiques) n'ont aucune valeur diagnostique validée en médecine vétérinaire. Les seuls tests scientifiquement reconnus sont les tests intradermiques pour l'allergie environnementale (réalisés par un dermatologue vétérinaire) et le régime d'éviction alimentaire de 8 semaines pour l'allergie alimentaire. Méfiez-vous des tests d'intolérance alimentaire vendus en ligne — ils n'ont aucun fondement scientifique en médecine vétérinaire.
FAQ — Questions fréquentes sur les otites du chien
Les otites du chien sont-elles contagieuses ?
Une otite bactérienne ou levurée ne se transmet pas d'un chien à l'autre dans des conditions normales. En revanche, la gale auriculaire à Otodectes cynotis est très contagieuse entre congénères (chiens et chats vivant ensemble) et nécessite le traitement simultané de tous les animaux du foyer.
Mon chien peut-il devenir sourd suite à une otite ?
Une otite externe bien traitée ne provoque pas de surdité. En revanche, une otite moyenne ou interne non traitée ou traitée tardivement peut endommager le tympan ou les structures de l'oreille interne et entraîner une perte auditive partielle ou totale. C'est une raison supplémentaire de ne pas laisser une otite s'installer sans consultation vétérinaire.
Puis-je utiliser de l'huile d'olive ou du bicarbonate pour nettoyer l'oreille de mon chien ?
Non. Ces produits ne sont pas adaptés au conduit auditif du chien. L'huile d'olive peut créer un milieu encore plus favorable à la prolifération fongique. Le bicarbonate modifie le pH de façon non contrôlée. Utilisez exclusivement un nettoyant auriculaire vétérinaire dont le pH est adapté à la physiologie de l'oreille canine.
L'otite de mon chien peut-elle guérir seule ?
Une otite bénigne en tout début de développement peut parfois régresser spontanément si le facteur déclenchant disparaît (humidité résiduelle après un bain, par exemple). Mais dans la très grande majorité des cas, une otite établie nécessite un traitement vétérinaire. Laisser une otite sans traitement favorise la chronicisation, la prolifération bactérienne résistante, et le risque d'extension vers l'oreille moyenne ou interne.
Combien de temps dure le traitement d'une otite chez le chien ?
Un traitement local bien conduit dure en général 7 à 14 jours pour une otite externe simple. En cas d'otite récidivante avec identification d'une cause primaire allergique, le régime d'éviction doit être maintenu au minimum 8 semaines avant d'évaluer la réponse. Un suivi vétérinaire régulier (contrôle otoscopique et cytologique) est indispensable pour valider la guérison — le chien peut sembler aller mieux alors que l'inflammation persiste en profondeur.
Conclusion
L'otite du chien est une pathologie fréquente, souvent bien tolérée par les propriétaires car « habituelle » — surtout chez les races prédisposées. Mais derrière des otites récidivantes, il y a presque toujours une cause primaire identifiable et traitable : allergie, parasites, maladie hormonale. Traiter les symptômes sans traiter cette cause revient à vider une baignoire sans fermer le robinet.
Lorsqu'une composante allergique alimentaire est suspectée — et elle doit l'être dès que les otites récidivent sans autre cause évidente — la mise en place d'un régime d'éviction strict avec une novel protein est l'étape incontournable. Avec un aliment diététique réglementaire comme les croquettes FUNGFEED pour chien, conduit sur 8 semaines en exclusivité totale, ce protocole est cliniquement simple à mettre en œuvre et peut faire la différence pour les chiens dont les oreilles ne laissent jamais de repos.
Consultez votre vétérinaire dès les premières otites pour établir un diagnostic précis et éviter la chronicisation — le traitement précoce reste la meilleure protection contre les complications sévères.
Article rédigé par le Dr Tatiana Pradel, Docteure vétérinaire diplômée de l'École Nationale Vétérinaire de Lyon (Vetagro Sup)

