Régime d'Éviction Alimentaire chez le Chien : Mode d'Emploi Complet

Votre vétérinaire vient de vous prescrire un régime d'éviction alimentaire pour votre chien. Peut-être après plusieurs consultations pour des démangeaisons chroniques, des otites à répétition, ou des troubles digestifs qui reviennent malgré les traitements. C'est une bonne nouvelle : le régime d'éviction est le seul outil permettant de confirmer — ou d'exclure — une allergie alimentaire chez le chien avec une fiabilité réelle.

Mais c'est aussi un protocole exigeant. Sa réussite dépend entièrement de la rigueur avec laquelle il est appliqué. Un seul écart — une friandise habituelle, un comprimé aromatisé, un reste de table — peut contaminer le régime et obliger à tout recommencer depuis le début.

Ce guide vous explique tout ce que vous devez savoir pour conduire ce protocole dans les meilleures conditions : comment choisir le bon aliment, ce qui est strictement interdit, comment gérer les difficultés pratiques, comment interpréter les résultats, et quoi faire après.

Qu'est-ce qu'un régime d'éviction et pourquoi en a-t-on besoin ?

Le régime d'éviction alimentaire — également appelé régime d'exclusion ou régime d'élimination — est un protocole diagnostique dont l'objectif est de déterminer si les symptômes de votre chien (prurit, otites, troubles digestifs) ont une origine alimentaire.

Son principe est simple : retirer de l'alimentation du chien toutes les protéines auxquelles il a été exposé au cours de sa vie, et les remplacer par une ou plusieurs protéines qu'il n'a jamais consommées. Si le système immunitaire du chien n'a jamais rencontré une protéine, il ne peut pas avoir développé d'allergie contre elle. En supprimant les allergènes potentiels et en les remplaçant par des protéines "vierges", on observe si les symptômes disparaissent en l'absence des coupables présumés.

Pourquoi un régime d'éviction plutôt qu'un test sanguin ? Parce qu'il n'existe pas de test biologique fiable pour diagnostiquer l'allergie alimentaire chez le chien. Les tests sérologiques de détection des IgE spécifiques (proposés par certains laboratoires) génèrent de nombreux faux positifs et faux négatifs, et leur résultat ne permet pas de conduire un diagnostic rigoureux. Le régime d'éviction reste, à ce jour, le gold standard reconnu par la dermatologie vétérinaire internationale.

Le régime d'éviction a un double usage : il est à la fois diagnostique (identifier ou exclure une composante alimentaire) et thérapeutique (si une allergie alimentaire est confirmée, l'aliment utilisé pendant le régime devient souvent l'alimentation à long terme).

💡 À retenir

Le régime d'éviction n'est pas une punition alimentaire ni une alimentation appauvrie. C'est un protocole médical structuré qui, bien conduit, permet enfin de répondre à une question que les traitements symptomatiques répétés n'ont jamais pu résoudre : est-ce que ce que mange mon chien est responsable de ses problèmes ?

Durée : combien de temps dure un régime d'éviction ?

La durée minimale recommandée est de 8 semaines. Certains dermatologues vétérinaires préconisent 10 à 12 semaines pour les cas chroniques anciens dont les lésions cutanées sont installées depuis longtemps.

Cette durée n'est pas arbitraire. Elle répond à deux impératifs biologiques :

Le premier est le renouvellement du cycle épidermique. La peau du chien se renouvelle en 3 à 4 semaines. Une amélioration cutanée visible nécessite donc au minimum un à deux cycles complets de renouvellement — soit 4 à 8 semaines — après suppression de l'allergène responsable.

Le second est la disparition des anticorps circulants. Même après suppression totale de l'allergène, les anticorps déjà produits par le système immunitaire restent en circulation pendant plusieurs semaines et peuvent continuer à entretenir une réaction inflammatoire résiduelle. Ce phénomène explique pourquoi une amélioration partielle à 3 ou 4 semaines ne signifie pas que le régime est inefficace — il faut poursuivre.

Ne jamais arrêter avant 8 semaines, même si l'amélioration semble insuffisante à mi-parcours. De nombreux régimes d'éviction sont abandonnés prématurément, à quelques semaines d'un résultat qui aurait été concluant. Si aucune amélioration n'est observable après 8 à 10 semaines de régime parfaitement conduit, d'autres causes d'hypersensibilité (atopie environnementale, DAPP) doivent être envisagées.

Quel aliment choisir pour le régime d'éviction ?

C'est la première décision critique du protocole, et elle conditionne toute la suite. Deux familles d'aliments peuvent être utilisées.

Option 1 : aliment à novel protein

Un aliment à novel protein contient une source de protéine animale que le chien n'a jamais consommée. Puisque le système immunitaire n'a pas été exposé à cette protéine, il ne peut pas avoir développé d'allergie contre elle.

Pour qu'un aliment à novel protein soit utilisable en régime d'éviction diagnostique, il doit impérativement répondre à trois critères non négociables :

  • La protéine doit être véritablement inédite pour votre chien spécifiquement. Cela nécessite de faire le bilan complet de tout ce que le chien a mangé au cours de sa vie : croquettes, pâtées, friandises, compléments, restes de table. Un lapin ou un canard "novel" sur le papier peut en réalité avoir été consommé via une friandise oubliée.
  • L'aliment doit être strictement mono-protéique : une seule source de protéine animale. Plusieurs protéines dans le même aliment rendent la réintroduction impossible à interpréter.
  • La composition doit être simple et transparente, sans traces d'autres protéines, sans "arômes naturels" non identifiés, sans sous-produits animaux d'espèce non précisée.

Option 2 : aliment à protéines hydrolysées

Ces aliments contiennent des protéines animales fragmentées en très petits peptides par hydrolyse enzymatique. Ces peptides sont trop courts pour être reconnus par le système immunitaire comme des antigènes, ce qui élimine théoriquement le risque de réaction allergique même si la protéine d'origine est un allergène connu.

Avantages : efficaces même sans connaissance précise de l'historique alimentaire du chien, bien documentés cliniquement. Inconvénients : coût élevé, palatabilité parfois insuffisante pour les chiens les plus difficiles, et quelques cas de réactions résiduelles à des peptides hydrolysés insuffisamment fragmentés ont été rapportés dans la littérature.

Principales références vétérinaires : Royal Canin Hypoallergenic, Hill's Prescription Diet z/d, Specific COD-HY Allergen Management Plus.

Option 3 : ration ménagère maison

Une ration ménagère à novel protein (par exemple viande de cheval ou de kangourou + pomme de terre ou riz) est possible et offre une transparence totale sur la composition. Elle présente cependant des contraintes importantes : nécessité d'un équilibrage nutritionnel par un vétérinaire nutritionniste pour éviter les carences sur 8 à 12 semaines, risque d'erreurs de preparation, et difficulté à maintenir une composition rigoureusement constante.

⚠️ Attention aux fausses "novel proteins"

Le lapin, le canard, le saumon et même le cerf sont aujourd'hui présents dans de nombreuses croquettes grand public et friandises. Un chien qui a consommé ces protéines à un moment quelconque de sa vie — même via une simple friandise — ne peut pas les utiliser comme novel protein en régime d'éviction. Faites le bilan complet de l'historique alimentaire avec votre vétérinaire avant de choisir l'aliment.

FUNGFEED : aliment de référence pour conduire le régime d'éviction

Parmi les aliments à novel protein disponibles sur le marché français, les croquettes FUNGFEED pour chien occupent une place de choix pour conduire un régime d'éviction alimentaire rigoureux. Voici pourquoi elles répondent aux critères cliniques du protocole.

🔬 Pourquoi FUNGFEED est adapté au régime d'éviction ?

Novel protein absolument inédite — Tenebrio molitor (ver de farine)
Le Tenebrio molitor est une source de protéine animale que le système immunitaire du chien domestique n'a quasiment jamais rencontrée. Contrairement au lapin, au canard, au saumon ou au cerf — aujourd'hui présents dans de nombreuses gammes grand public — le ver de farine reste absent de la quasi-totalité des alimentation industrielles courantes. Pour la très grande majorité des chiens, cette protéine est véritablement vierge, ce qui maximise les chances de succès du régime d'éviction dès le premier essai.

Aliment diététique réglementaire (directive 2008/38/CE)
FUNGFEED bénéficie du statut d'aliment diététique réglementaire au sens de la directive européenne 2008/38/CE, pour l'indication précise "réduction des intolérances aux ingrédients et aux nutriments". Ce statut implique une formulation contrôlée et une responsabilité réglementaire du fabricant sur la composition déclarée — il ne s'agit pas d'un simple argument marketing, contrairement au terme "hypoallergénique" qui n'est soumis à aucune réglementation.

Recette strictement mono-protéique
Le Tenebrio molitor est l'unique source de protéine animale. Aucune viande cachée, aucun sous-produit animal d'une autre espèce, aucune trace de volaille ou de poisson. Cette unicité est indispensable pour que le régime d'éviction soit interprétable et que la phase de réintroduction se déroule dans les meilleures conditions.

Profil nutritionnel cliniquement cohérent
RPC (Rapport Protido-Calorique) = 94 g/Mcal, RPP (Rapport Protéino-Phosphorique) = 49, taux de protéines brutes = 35 %, taux de glucides calculé à 25,3 %, phosphore à 0,71 %, cendres à 6,5 %. Ces valeurs garantissent un équilibre nutritionnel complet pendant toute la durée du protocole (8 à 12 semaines), sans risque de carence.

Ratio oméga-6/oméga-3 optimisé (ratio de 3)
L'huile de colza et les graines de lin apportent un équilibre en acides gras essentiels favorable à la réduction de l'inflammation cutanée et au maintien de la barrière épidermique — un point important chez les chiens allergiques dont la peau est structurellement fragilisée.

Prébiotiques intégrés
La présence de psyllium (80 % de fibres solubles), de FOS (fructo-oligo-saccharides) et de MOS (mannan-oligo-saccharides) soutient l'équilibre du microbiote intestinal, fréquemment perturbé chez les chiens allergiques chroniques.

Fabrication française, traçabilité totale
Les larves de Tenebrio molitor sont élevées en France, nourries avec des co-produits agricoles valorisés. Fabrication et emballage réalisés en France. Traçabilité complète de l'élevage à la croquette.

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Comment réussir la transition alimentaire vers le nouvel aliment ?

Avant de démarrer officiellement le régime d'éviction, l'introduction du nouvel aliment doit se faire de façon progressive sur 7 à 10 jours. Cette transition progressive permet d'éviter les troubles digestifs transitoires (diarrhée, vomissements, selles molles) liés au changement brutal du microbiote intestinal.

Jours Ancien aliment Nouvel aliment
Jours 1 – 2 90 % 10 %
Jours 3 – 4 75 % 25 %
Jours 5 – 6 50 % 50 %
Jours 7 – 8 25 % 75 %
Jours 9 – 10 0 % 100 %

Une fois la transition complète et le passage à 100 % du nouvel aliment effectué, le régime d'éviction démarre officiellement. Notez la date de démarrage : elle servira de référence pour planifier l'évaluation à 4 semaines et à 8 semaines, et pour organiser la phase de réintroduction.

Si des troubles digestifs surviennent pendant la transition (selles molles, légère diarrhée), ralentissez le rythme et maintenez chaque palier 3 à 4 jours supplémentaires avant de progresser. Ces troubles transitoires sont fréquents et disparaissent généralement en 5 à 7 jours.

Les règles absolues du régime d'éviction

Le régime d'éviction ne fonctionne que s'il est appliqué à 100 %, sans aucune exception. C'est la condition sine qua non de sa validité diagnostique. Voici les règles à respecter scrupuleusement pendant toute la durée du protocole.

Règle 1 : un seul et unique aliment

Pendant toute la durée du régime d'éviction, le chien ne reçoit qu'un seul et unique aliment — celui choisi pour le protocole. Pas de mélange avec d'autres croquettes, pas d'ajout de pâtée, pas de supplément protéique. La monoalimentation est la base du protocole.

Règle 2 : aucune friandise habituelle

Les friandises sont l'une des principales sources de contamination du régime d'éviction. La plupart contiennent du poulet, du bœuf ou du poisson — des allergènes potentiels que le protocole cherche précisément à exclure. Pendant le régime d'éviction, les friandises habituelles sont totalement interdites. Seules sont autorisées les friandises dont la composition est strictement limitée à la même novel protein que l'aliment principal (par exemple, des friandises à base de Tenebrio molitor si les croquettes sont FUNGFEED).

Règle 3 : aucun médicament aromatisé

De nombreux médicaments vétérinaires — vermifuges, antiparasitaires internes, anti-inflammatoires, certains antibiotiques — se présentent sous forme de comprimés palatables aromatisés à la viande pour faciliter leur administration. Ces arômes contiennent des protéines animales qui peuvent contaminer le régime d'éviction. Informez votre vétérinaire du régime en cours dès le début du protocole afin qu'il puisse adapter les prescriptions si nécessaire (comprimés non aromatisés, formes liquides ou injectables).

Règle 4 : aucun reste de table

Même un morceau de fromage, une bouchée de viande cuite ou un reste de pâtes peut introduire une protéine allergène. Les restes de table sont strictement interdits pendant toute la durée du régime, sans exception.

Règle 5 : isoler le chien des autres animaux pendant les repas

Si vous avez plusieurs animaux à la maison (d'autres chiens, des chats), le chien en régime d'éviction ne doit pas avoir accès à leurs gamelles. La contamination croisée — le chien qui finit les restes des autres — est une cause fréquente et souvent involontaire d'échec du protocole.

Règle 6 : pas d'os, de jouets à mâcher ou de friandises dentaires

Les os naturels, les oreilles de porc, les pieds de poulet, les friandises de mastication et les brosses à dents comestibles contiennent des protéines animales. Ils sont tous interdits pendant le régime d'éviction. Les jouets en caoutchouc ou en nylon non aromatisés restent autorisés.

Ce qui est strictement interdit pendant le régime d'éviction

Catégorie Exemples interdits Pourquoi ?
Friandises Biscuits, jerky, snacks viande, freeze-dried Contiennent des protéines allergènes potentielles
Médicaments palatables Vermifuges aromatisés, anti-inflammatoires palatables, certains antiparasitaires Arômes à base de protéines animales non identifiées
Compléments alimentaires Huiles aromatisées, poudres protéinées, levure de bière aromatisée Sources potentielles de protéines allergènes
Restes de table Viande, fromage, pain, pâtes, légumes cuits avec viande Protéines alimentaires humaines non contrôlées
Masticatoires Os naturels, oreilles, pieds, nerfs, cuirs Protéines animales (souvent bœuf ou porc)
Friandises dentaires Greenies, Dentastix, brosses à dents comestibles Contiennent du poulet, bœuf ou dérivés
Gamelles partagées Accès à la gamelle d'un autre chien ou d'un chat Contamination croisée par d'autres protéines

Gérer les difficultés pratiques

Mon chien refuse le nouvel aliment

Un refus initial est fréquent, surtout si le chien est habitué à des croquettes très appétentes ou enrichies en arômes artificiels. Quelques stratégies permettent de faciliter l'acceptation :

  • Tiédir légèrement les croquettes (quelques secondes au micro-ondes avec un peu d'eau) pour en amplifier les arômes naturels
  • Humidifier les croquettes avec un peu d'eau tiède pour modifier la texture
  • Servir à heure fixe et retirer la gamelle après 20 minutes : un chien en bonne santé qui a faim finira par manger
  • Ne pas proposer d'alternative : si le chien comprend qu'un refus entraîne la proposition d'un autre aliment, il apprendra à refuser systématiquement

En revanche, ne jamais laisser un chien sans nourriture plus de 24 heures. Si le refus se prolonge, consultez votre vétérinaire qui pourra évaluer si un appétit stimulant ponctuel (conforme au régime) est nécessaire.

Mon chien mange les excréments des autres animaux (coprophagie)

La coprophagie est une cause de contamination involontaire souvent méconnue. Les excréments d'autres animaux peuvent contenir des résidus de protéines alimentaires. Si votre chien est coprophage, une surveillance accrue lors des sorties est indispensable pendant toute la durée du régime.

Mon chien vit avec d'autres animaux nourris différemment

La solution la plus simple est de nourrir tous les animaux du foyer avec le même aliment pendant la durée du régime d'éviction — si cela est possible et cohérent avec leur santé. Sinon, les repas doivent être donnés dans des pièces séparées, avec un temps suffisant pour que l'autre animal ait fini avant de laisser le chien en régime libre dans l'espace commun.

Mon chien sort en liberté ou chasse

Un chien qui chasse peut ingérer des proies (lapins, oiseaux, rongeurs) dont les protéines contaminent le régime d'éviction. Si votre chien a accès à un jardin ou sort en liberté dans des espaces naturels, une surveillance renforcée s'impose. Dans certains cas, le port d'une muselière pendant les sorties peut être envisagé pour la durée du protocole — à discuter avec votre vétérinaire.

Les enfants donnent des friandises sans le savoir

Il est essentiel d'informer tous les membres du foyer — y compris les enfants — du protocole en cours et de ses règles strictes. Une information claire ("le chien ne peut rien manger d'autre que ses croquettes pendant 2 mois") évite les contaminations involontaires liées à l'affection naturelle que les enfants portent à l'animal.

Suivre l'évolution et évaluer les résultats

Le suivi régulier de l'évolution clinique est indispensable pour interpréter correctement le résultat du régime d'éviction. Voici comment organiser ce suivi.

Tenir un journal clinique

Dès le premier jour du régime d'éviction (J0, une fois la transition complète), commencez à tenir un journal quotidien ou hebdomadaire. Notez la fréquence et l'intensité des démangeaisons (de 0 à 10), l'état des lésions cutanées (érythème, croûtes, alopécie), la fréquence des otites et l'état des conduits auditifs, la consistance des selles et la fréquence des vomissements. Ces observations chiffrées permettront à votre vétérinaire d'évaluer objectivement l'évolution.

Évaluation à 4 semaines

Une consultation vétérinaire à mi-parcours (4 semaines) est recommandée pour évaluer l'évolution préliminaire. Une amélioration partielle à ce stade est encourageante et justifie de poursuivre le protocole. En l'absence de toute amélioration à 4 semaines, le vétérinaire pourra évaluer si des écarts ont pu contaminer le régime, ou envisager des causes d'hypersensibilité non alimentaires coexistantes.

Évaluation finale à 8 semaines

L'évaluation finale à 8 semaines est le moment de conclure. Trois situations sont possibles :

  • Amélioration significative (>50 % de réduction des symptômes) : la composante allergique alimentaire est fortement suspectée. La phase de réintroduction peut débuter pour confirmer le diagnostic.
  • Amélioration partielle (20 à 50 %) : plusieurs interprétations possibles — régime imparfaitement conduit, allergie alimentaire partielle coexistant avec une atopie environnementale, ou durée insuffisante. Le vétérinaire guidera la conduite à tenir.
  • Aucune amélioration : si le régime a été conduit rigoureusement et sans aucun écart, une allergie alimentaire isolée peut être exclue avec une bonne fiabilité. D'autres causes d'hypersensibilité (atopie environnementale, DAPP) doivent alors être explorées.

La réintroduction des allergènes : étape clé souvent oubliée

C'est l'étape la plus souvent négligée du protocole, et pourtant l'une des plus importantes. Si les symptômes se sont améliorés au terme des 8 semaines, la réintroduction séquentielle des anciens aliments est nécessaire pour confirmer formellement le diagnostic et identifier précisément le ou les allergènes responsables.

Pourquoi la réintroduction est-elle indispensable ?

Sans réintroduction, on sait que le chien va mieux avec le nouvel aliment, mais on ne sait pas pourquoi. Est-ce parce qu'il est allergique à une protéine de son ancien aliment ? Ou parce que son ancien aliment était moins bien formulé sur d'autres critères nutritionnels ? La réintroduction répond à cette question et permet de ne pas maintenir le chien à vie sur un régime restrictif inutilement — ou au contraire de confirmer qu'il doit y rester.

Comment procéder à la réintroduction ?

La réintroduction se fait de façon séquentielle : une seule protéine est réintroduite à la fois, pendant 7 à 14 jours, tout en maintenant l'aliment du régime d'éviction comme base alimentaire. On ajoute par exemple une petite portion de viande de bœuf cuite (50 à 100 g par jour selon la taille du chien) pendant 7 jours, tout en gardant les croquettes du régime.

Si les symptômes réapparaissent dans les 7 jours suivant la réintroduction d'une protéine spécifique, cette protéine est identifiée comme allergène responsable. La réintroduction est alors arrêtée immédiatement, et on attend la disparition des symptômes avant de tester une autre protéine.

Si aucun symptôme ne réapparaît après 7 à 14 jours, la protéine réintroduite peut être considérée comme tolérée, et on passe à la protéine suivante.

Ordre de réintroduction recommandé

Il est logique de commencer par les protéines les plus couramment allergènes (bœuf, puis poulet, puis produits laitiers, etc.) pour identifier rapidement les allergènes les plus probables. Votre vétérinaire vous guidera dans l'ordre de réintroduction en fonction de l'historique alimentaire de votre chien.

💡 Bon à savoir

Un chien peut être allergique à plusieurs protéines simultanément. La réintroduction séquentielle peut donc identifier plusieurs allergènes successifs. Prenez le temps de tester chaque protéine individuellement — la précipitation à cette étape compromet la qualité du diagnostic.

Que faire après le régime d'éviction ?

Si une allergie alimentaire est confirmée

Une fois les allergènes identifiés par la réintroduction, l'alimentation à long terme du chien doit exclure définitivement ces protéines. L'aliment utilisé pendant le régime d'éviction peut devenir l'alimentation permanente si sa composition ne contient aucun des allergènes identifiés — c'est souvent le cas des aliments à novel protein comme FUNGFEED, dont la composition simple et mono-protéique garantit l'absence des allergènes les plus courants.

Il n'est pas nécessaire de maintenir le chien à vie sur un aliment "diététique" si un aliment commercial standard ne contenant pas les allergènes identifiés est disponible et bien toléré. L'essentiel est d'éviter les protéines responsables, quelle que soit la forme de l'aliment.

Si le régime d'éviction n'a pas amélioré les symptômes

Un régime d'éviction parfaitement conduit qui ne produit aucune amélioration permet d'exclure avec une bonne fiabilité une allergie alimentaire comme cause principale des symptômes. Les investigations doivent alors se porter vers d'autres formes d'hypersensibilité : tests intradermiques pour l'atopie environnementale, bilan parasitaire complet pour la DAPP, bilan dermatologique approfondi.

Le suivi vétérinaire à long terme

Un chien dont l'allergie alimentaire a été confirmée et dont l'alimentation a été adaptée doit faire l'objet d'un suivi vétérinaire régulier (annuel minimum). L'état cutané, le poids, les paramètres sanguins (notamment la fonction rénale si un aliment diététique est maintenu à long terme) doivent être contrôlés. De nouvelles sensibilisations peuvent apparaître avec le temps, même sur des protéines initialement bien tolérées.

FAQ — Questions fréquentes sur le régime d'éviction alimentaire

Mon chien peut-il recevoir ses médicaments habituels pendant le régime d'éviction ?

Cela dépend de la forme du médicament. Les comprimés palatables aromatisés à la viande, les vermifuges en forme d'os à mâcher et certains antiparasitaires palatables contiennent des protéines animales qui peuvent contaminer le régime. Informez systématiquement votre vétérinaire du régime d'éviction en cours dès le début du protocole. Il pourra adapter les prescriptions (formes non palatables, injections, solutions buvables sans arômes alimentaires) pour éviter toute contamination.

Est-ce que je peux donner des os ou des jouets à mâcher pendant le régime d'éviction ?

Les os naturels (bœuf, porc, agneau), les oreilles, les pieds de volaille, les masticatoires à base de cuir ou de nerfs sont tous interdits — ils contiennent des protéines animales. Les jouets en caoutchouc, en nylon ou en corde (non aromatisés) sont en revanche autorisés. Si votre chien a absolument besoin de mâcher, des jouets de mastication synthétiques non aromatisés peuvent être proposés.

Mon chien s'est mieux amélioré qu'attendu au bout de 4 semaines. Puis-je arrêter le régime ?

Non. Même si l'amélioration est spectaculaire à mi-parcours, le régime doit être maintenu 8 semaines complètes. Une amélioration précoce ne signifie pas que le cycle épidermique est complètement renouvelé ni que les anticorps ont disparu. Arrêter prématurément compromet la fiabilité de l'évaluation finale et de la phase de réintroduction.

Mon chien n'a pas du tout changé de comportement alimentaire depuis le début du régime. Est-ce normal ?

Oui, parfaitement normal. Le changement d'aliment n'affecte pas le comportement alimentaire du chien — il continuera à manger avec le même appétit. Ce qui change, c'est ce que son système immunitaire traite, pas son appétence pour la gamelle. L'absence de changement comportemental visible ne signifie pas que le régime ne fonctionne pas.

Mon vétérinaire m'a prescrit des corticoïdes en même temps que le régime d'éviction. Est-ce compatible ?

Les corticoïdes réduisent les symptômes de prurit et d'inflammation, ce qui peut compliquer l'évaluation de la réponse au régime d'éviction. Idéalement, le régime d'éviction devrait être conduit sans traitement anti-inflammatoire concomitant pour que l'amélioration (ou l'absence d'amélioration) puisse être attribuée à l'alimentation. Si les symptômes sont trop sévères pour être supportés sans traitement, un traitement anti-prurigineux minimal peut être maintenu en début de protocole, mais il devra être progressivement réduit — votre vétérinaire adaptera cette gestion à la situation de votre chien.

Dois-je faire le régime d'éviction même si mon chien prend déjà des croquettes "hypoallergéniques" sans résultat ?

Oui, et c'est même fréquent. Le terme "hypoallergénique" n'est pas réglementé dans le petfood : de nombreuses croquettes ainsi étiquetées contiennent plusieurs sources de protéines, dont des allergènes courants comme le poulet ou l'agneau. Un vrai régime d'éviction nécessite un aliment à novel protein strictement mono-protéique que votre chien n'a jamais consommé, ou un aliment à protéines hydrolysées cliniquement validé — pas simplement un aliment étiqueté "hypoallergénique" sans fondement réglementaire.

Que faire si mon chien rechute après réintroduction d'une protéine alors que j'étais convaincu qu'il la tolérait ?

C'est le protocole de réintroduction qui fonctionne normalement. Une rechute après réintroduction d'une protéine spécifique confirme que cette protéine est un allergène pour votre chien. Arrêtez immédiatement la réintroduction, reprenez le régime d'éviction strict jusqu'à la disparition des symptômes, puis passez à la protéine suivante dans la séquence de réintroduction. Chaque rechute est une information précieuse qui permet de cartographier précisément les allergies de votre chien.

Conclusion

Le régime d'éviction alimentaire est un protocole exigeant, mais c'est le seul capable de répondre à la question que posent des démangeaisons chroniques, des otites récidivantes ou des troubles digestifs persistants : est-ce que ce que mange mon chien est responsable de ses problèmes ?

Sa réussite repose sur trois piliers : choisir le bon aliment (novel protein véritablement inédite ou protéines hydrolysées, strictement mono-protéique), respecter l'exclusivité totale sans aucun écart pendant 8 semaines minimum, et conduire la réintroduction séquentielle pour confirmer le diagnostic et identifier précisément les allergènes responsables.

Bien conduit, ce protocole transforme des années de traitements symptomatiques répétés en une réponse claire et définitive, permettant enfin d'adapter l'alimentation de votre chien à sa réalité immunologique — et de lui offrir un quotidien sans démangeaisons ni rechutes.

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